Hollande renonce à la déchéance de nationalité pour les terroristes

Quatre mois après l'avoir annoncé, François Hollande renonce finalement à réviser la Constitution et ne convoquera pas de Congrès à Versailles pour ce faire, rapporte le journal Libération qui a interrogé une source ministérielle et une source parlementaire. Le président français renonce donc à la déchéance de nationalité des auteurs d'actes terroristes.

«J’ai décidé de clore le débat»

Le chef de l'Etat a annoncé la nouvelle lors d'une déclaration solennelle à l'Elysée après le conseil des ministres. «Le 16 novembre, j’avais proposé une révision de la Constitution pour mieux garantir l’utilisation de l’état d’urgence et priver de la nationalité française les terroristes qui portent les armes contre leur propre pays », a-t-il déclaré.

Après avoir constaté que l’Assemblée nationale dirigée par la gauche et le Sénat sous majorité de droite «ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un même texte» et qu’«une partie de l’opposition est hostile à toute révision constitutionnelle», «j’ai décidé de clore le débat constitutionnel», a déclaré François Hollande. Le président n’a pas encore précisé ce qu’il allait faire. Ce débat avait fait grand bruit au sein de la gauche française.

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, devait faire le service après-vente de la décision présidentielle juste après l'allocution de Hollande, précise encore Libération.

Trois jours après les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts, le président Hollande avait souhaité modifier la Constitution pour y inscrire le régime de l’état d’urgence et l’extension de la déchéance de la nationalité à tous les binationaux condamnés pour terrorisme, même ceux nés en France.