Attentats de Bruxelles : la sécurité de l’aéroport de Zaventem inquiète

Une centaine d’agents de la police fédérale (sur les 391 qui travaillent à Zaventem) responsables de la sécurité sur l’aéroport de Bruxelles-National ont rédigé mercredi une lettre ouverte à leur hiérarchie.

« Nous écrivons le 22 mars 2016. Pour chaque policier, chaque policière travaillant dans un des services de police de l’aéroport de Zaventem, une date à laquelle il (elle) s’attendait à ce que cela se produise. Nous espérions tous que nous ne serions pas en service ce jour-là. Pourtant nous avons tous, chacun à notre manière, fait notre travail. Dans des conditions qui selon nous, pouvaient être évitées, auraient dû être évitées. Chaque membre de l’équipe d’intervention en est conscient. Cette lettre est l’expression de la frustration de policiers de première ligne face à la mauvaise gestion, un cri de détresse en faveur de la sécurisation des aéroports nationaux. »

Ce que les agents reprochent

Manifestement, la coupe est pleine pour la police aéroportuaire, après les attentats de Zaventem. Dans cette lettre ouverte rédigée en néerlandais, de nombreux agents pourfendent le laxisme qui a prévalu en matière de sécurisation et la négation de certains signaux : « Cette absence de sécurisation a pû être mise à profit par ceux qui ont reconnu le terrain pour les terroristes » concluent les signataires de la lettre.

Selon les syndicats, cette lettre reflète le malaise de très nombreux agents.

Elle pointe l’absence de contrôle, aux emplacements « kiss and ride », par exemple, où les voitures peuvent se rapprocher du bâtiment de l’aéroport sans la moindre surveillance. Les agents pointent aussi le fait qu’une grande partie des travailleurs, occupés au centre de tri des bagages sur le tarmac de l’aéroport, aurait un passé judiciaire, « souvent pour des faits criminels graves ». Ils soulignent aussi la pénurie de personnel, « les armes dépassées », « le matériel roulant vieillissant » « l’infrastructure abominable » qui empêche de procéder en même temps aux photos et aux prises d’empreintes.