«Nuit debout»: le mouvement de protestation s’étend à Bruxelles

Depuis le 1er avril, des Français campent place de la République, à Paris, pour (notamment) protester contre la réforme du droit du travail. Ce mouvement « Nuit debout » va connaître un prolongement, à Bruxelles, place des Barricades (Madou) entre le 6 (à 19 h) et le 7 avril (à 5 h).

L’appel a été relayé par les réseaux sociaux. Le but est de créer un «  lieu d’échanges et de rencontres entre personnes qui ne supportent plus de voir notre société s’enfoncer chaque jour un peu plus ».

Le soutien de Podemos

« Nuit debout », occupation de la place de la République à Paris pour lutter contre la loi travail, a reçu mardi soir le soutien d’un député européen de Podemos, venu raconter l’expérience espagnole, et a commencé à s’étendre à plusieurs villes de province.

« Il faut plus craindre l’ordre » imposé par les partis au pouvoir « que le chaos » de la mobilisation citoyenne, a dit Miguel Urban Crespo, dont le parti s’est créé après le mouvement du 15 mai 2011 en Espagne, quand des dizaines de milliers de personnes ont occupé places et rues dans le pays pour exiger un changement social.

« De la place Tahrir en Egypte à la plaza del Sol à Madrid puis ici, il y a une revendication très transversale qui est : ‘occuper un espace public pour faire de la politique’. Il faut comprendre que si nous ne faisons pas de la politique nous-mêmes, (les politiques) la feront pour nous, contre nos intérêts », a affirmé l’eurodéputé.

Derrière lui, un millier de personnes se sont rassemblées mardi soir place de la République, au rythme d’assemblées populaires ou de concerts, au sixième jour de « Nuit debout » contre la réforme du droit du travail accusée de favoriser la précarisation.

Plusieurs dizaines de manifestants passent chaque nuit sur la place avant d’être souvent délogés par les forces de l’ordre au petit matin.

Les premières manifestations à Nantes, Rennes et Toulouse

Quelque 300 jeunes, et moins jeunes, se sont rassemblés dans la soirée place du Bouffay à Nantes, en cercle, dans le calme. Des « ateliers » discutent du travail, des médias, de l’environnement…

« C’est intimidant et exaltant », lance un homme de 32 ans. « J’attendais un moment comme ça, comme aujourd’hui, depuis longtemps, montrer quelque chose de positif, pas juste être dans le refus de quelque chose. »

A Rennes, après une journée agitée, ce sont quelque 200 personnes qui se sont retrouvées, en rond sur l’immense esplanade Charles-de-Gaulle, assis sur le sol, avec couvertures, pique-nique, instruments de musique.

Près d’un demi-millier de manifestants se sont aussi réunis place du Capitole à Toulouse.

A Lyon, une forte présence policière a empêché l’accès à la place Mazagran où avaient rendez-vous les manifestants. Ces derniers se sont rendus sous le pont de la Guillotière, où 300 personnes ont ensuite débattu en assemblée générale, avant d’y passer probablement la nuit à l’abri de la pluie.

« Nous ne sommes plus dans la simple revendication contre un projet de loi mais dans quelque chose de plus vaste », a commenté Alex, DJ et encadrant de la « Nuit debout » parisienne, qui voit en l’Espagne « un exemple assez parlant » de ce vers quoi tend ce mouvement.

« Là-bas, l’occupation de places a débouché sur une transformation de la vie sociale et politique. Qu’on soit ou non d’accord avec Podemos, l’Espagne n’est plus la même aujourd’hui qu’en 2011  », a-t-il lancé.