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Déblocage des autoroutes par la police: Jambon a envoyé les dépanneuses de l’armée

Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur, a demandé à la police de faire lever les barrages suite à la réunion entre le centre de crise et les cinq gouverneurs wallons.

Temps de lecture: 4 min

Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur, demande à la police de faire lever les barrages. « Si les injonctions ne suffisent pas, la police Fédérale utilisera la contrainte pour lever les barrages des transporteurs », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « La police utilisera des moyens proportionnés », a-t-il ajouté. Il a qualifié les actions des camionneurs de « sauvages » et a annoncé la levée des blocages par un tweet ;

L’opération de police a commencé avec l’aide de dépanneuses de l’armée ;

Le gouverneur de la province du Hainaut, Tommy Leclercq, a confirmé que la réunion entre le centre de crise et les cinq gouverneurs wallons a débouché sur la décision de faire lever les barrages. «  Nous avons pris la décision de faire dégager les camionneurs des grands points de difficulté en Wal lonie », explique Tommy Leclercq. En ce qui concerne la province du Hainaut, l’autoroute A8, le zoning de Orcq à Tournai et le centre d’approvisionnement en kérosène de l’aéroport de Charleroi vont être libérés. «  Nous avons lancé un ultimatum aux camionneurs : soit ils dégageaient dans la demi-heure, soit nous les dégagions de force ». Le gouverneur ajoute que la Justice s’est également prononcée sur la libération de zonings dans toute la Wallonie et que les forces de l’ordre veillent également au respect de ces décisions.

« C’est de l’intimidation. C’est tu paies ou tu crèves ! »

Fabrice Ausloos, l’un des représentants des camionneurs, nous confirme l’échec des négociations entamées ce matin à Namur avec les ministres wallons Lacroix (Budget) et Prévot (Travaux publics). « Cela s’est très mal passé, confie le camionneur indépendant. Ils n’ont jamais voulu reconnaître que leur système ne fonctionnait pas. Le ministre Lacroix a même quitté la table  ». Les camionneurs en colère disent pourtant avoir fait des concessions, ne demandant plus un retrait pur et simple de la taxe kilométrique, mais une pause du système «  le temps d’en assurer la fiabilité . » «  On parle de plans d’accompagnement, de primes…, explique Fabrice Ausloos. C’était possible de trouver un accord. Mais il s’agit quand même d’un prélèvement financier de 2 millions d’euros par jour. On est en droit d’attendre un produit qui soit fiable à 110 % ! » Pour l’heure, les représentants des camionneurs n’appellent pas à la levée des barrages. «  On va poser la question à chaque barrage, et ce sera à eux de se décider  », ajoute Fabrice Ausloos.

Quant à l’intervention policière annoncée par le ministre de l’Intérieur Jan Jambon, Fabrice Ausloos dit «  avoir très peur. Que peut faire un routier qui est dans une situation très difficile devant une arme ? C’est de l’intimidation. C’est tu paies ou tu crèves !  »

Plus tôt, Total Belgique a fait pression pour lever les barrages de Wandre et Feluy

Un juge du tribunal de première instance de Liège a par ailleurs ordonné mercredi une astreinte de 5.000 euros par heure et par chauffeur si les camionneurs ne quittaient pas l’entrée du port pétrolier de Wandre, avait déjà annoncé la police de Liège.

Le port pétrolier de Wandre, du dépôt de carburant de Sclessin et de la raffinerie de Feluy étaient par ailleurs bloqués depuis deux jours. Total Belgique a obtenu de la justice une astreinte de 5.000 euros par heure et par chauffeur si les camionneurs ne dégageaient pas l’entrée du port pétrolier de Wandre et de la raffinerie de Feluy. Un huissier est venu le leur signifier.

La situation s’est calmée à Wandre, pas à Feluy

Les camionneurs ont dégagé l’avenue de l’Indépendance à Wandre. «  Nous comprenons très bien les camionneurs, explique le porte-parole de Total-Belgique. Et nous aussi, nous allons être impactés par cette nouvelle taxe. Mais il fallait réagir car la situation devenait critique pour nos clients dans le sud du pays. », a déclaré le porte parole de Total Belgique.

À Feluy par contre, Total Belgique ne compte pas faire usage de l’ordonnance obtenue. « Pour le moment, nous avons un accord avec les grévistes présents à Feluy qui laissent sortir trois à quatre camions par heure depuis ce matin, nous précise Pascal de Crem. Cela nous permet de résorber en partie le retard dans les livraisons, pour autant que les stations-service elles-mêmes soient accessibles. Nous préférons donc attendre la conclusion d’un accord à l’amiable avant d’utiliser la décision de justice que nous avons obtenue. »

Par ailleurs, la réunion entre les ministres wallons Christophe Lacroix (Budget) et Maxime Prévot (Travaux publics) d’un côté, et les représentants des camionneurs de l’autre, s’est achevée il y a environ une demi-heure à Namur, sans aboutir à un accord.

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