Panama Papers: la double évasion des exilés français résidant en Belgique

Parmi les 732 cas « belges » épinglés dans les Panama Papers, septante n’ont pas la nationalité belge mais résident en Belgique (voir infographie). Sans grande surprise, ce sont nos voisins français qui dominent ce classement des exilés. Ils sont 15 à avoir une société offshore tout en ayant choisi la Belgique comme terre d’accueil, vraisemblablement pour fuir l’impôt sur la fortune. La plupart sont d’illustres inconnus. Mais quelques noms sortent du lot : la famille Bongrain (deuxième groupe fromager français porté par le Caprice des Dieux), Waldemar Kita (patron du FC Nantes) et Jean-Denis Sarraquigne (ex-propriétaire du Sénéquier, célèbre café de Saint-Tropez).

Kita et Sarraquigne ont tous deux fait appel aux services de la société luxembourgeoise Navilux S.A. pour créer une société offshore aux îles Vierges Britanniques. Le motif est très clair : y loger leur yacht. Depuis 2007, Waldemar Kita est en effet propriétaire du K Grace, un yacht de 25 mètres de long, trois cabines, qui dispose d’un emplacement au Port Vauban, à Antibes, sur la côte d’Azur. Pour Sarraquigne, on parle d’un « Zingara », acheté en 2013, pour lequel une place est réservée à la « Marina de Vilamoura » au Portugal.

Nos confrères du Monde ont, eux, étudié le « dossier Bongrain ». Leur enquête permet de comprendre comment la galaxie familiale a rapatrié de l’argent depuis les îles Vierges britanniques et les Antilles néerlandaises vers ses holdings belges et néerlandaises. On parle de transferts de plusieurs millions d’euros.