Eiffage Benelux se concentre sur les projets privés

Eiffage Benelux fait partie des mastodontes de la construction au niveau mondial. Rencontre avec Christophe Van Ophem et Olivier Genis.

Dans quels métiers êtes-vous diversifiés ?

Olivier Genis : La zone Benelux du groupe Eiffage occupe 3.500 personnes et réalise un milliard d’euros de chiffre d’affaires. La division construction, à savoir Eiffage Benelux, pèse 550 millions qui se répartissent à raison de 400 millions dans le bâtiment et le génie civil (72 % de notre activité), les travaux hydrauliques et spéciaux pour 21 %, et l’immobilier pour 7 %. Le bâtiment est l’activité principale. Cette tendance s’est renforcée ces dernières années car le marché du génie civil est en net recul.

Quelle est la stratégie d’Eiffage dans le Benelux ?

O.G.L’entreprise est en mouvement perpétuel. Nous nous sommes maintenus dans un marché difficile en nous diversifiant car nous étions très orientés marchés publics. Auparavant, ce secteur représentait près de 80 % de nos activités, aujourd’hui, il ne représente plus que 60 %. Au niveau géographique, nous souhaitons notamment nous développer en Flandre-Occidentale.

L’immobilier est-il un de vos axes de développement ?

Christophe Van Ophem : Ces dernières années, nous avons réalisé une cinquantaine de millions d’euros de chiffre d’affaires dans cette division, ce qui est relativement faible par rapport à la taille du marché belge. Plusieurs projets, comme Quattuor à Auderghem, et un développement derrière nos bureaux ont été livrés. Plusieurs autres projets résidentiels sont en cours. C’est le cas aussi de Greenwood à Woluwe-Saint-Lambert. Au total, ce projet représente 60.000 m2 à construire, soit environ 600 appartements. Un projet démarre à Uccle, le Faubourg Saint-Job. A Borgerhout, un projet est en cours à côté des bureaux de notre filiale AB. Une première opération se concrétise au grand-duché de Luxembourg, le Belval.

O.G.Nous étions au départ très bruxellois. L’enjeu est d’aller chercher du business en promotion ailleurs, ce que nous avons commencé et continuons à faire en Flandre et au grand-duché de Luxembourg.

Comment vous profilez-vous sur le marché ?

C.V.O.Nous avons un profil de constructeur-promoteur intégré. Les constructeurs interviennent très vite en amont pour monter les dossiers techniques. Cela optimise les délais et la rentabilité.

Votre organigramme a subi récemment quelques modifications ?

C.V.O.Pour l’instant, j’ai une double casquette. Je reste administrateur délégué de Valens et depuis le 1er février, j’ai rejoint Olivier Genis chez Eiffage Benelux comme administrateur délégué en charge de toute la partie construction en Belgique, qui comprend 7 filiales. Les trois plus importantes sont AB, Valens et Duchêne pour les 3 grandes régions et puis, il y a 4 filiales de plus petites tailles que sont Reynders dans le Limbourg, Pit à Anvers, De Graeve à Namur et Druez à Charleroi. Ces filiales ont le même logo mais gardent leur nom commercial et leurs équipes.

Vous comptez insuffler un souffle nouveau ?

C.V.O.Je vais développer notre réseau commercial. La collaboration rapprochée avec Olivier va continuer puisqu’il reste président d’Eiffage Benelux. Nous allons développer les synergies entre les différentes entités du groupe.

La notion de coût est-elle de plus en plus importante ?

O.G.Elle l’a toujours été et a contrario, je pense que la notion de service devient de plus en plus importante, surtout dans les marchés privés. C’est peut-être un peu moins vrai dans les marchés publics où, pour se positionner, le seul critère est souvent, et malheureusement, le prix.

Que représente Eiffage Benelux dans l’ensemble du groupe ?

O.G.Le Benelux est de loin la plus importante implantation hors de France, devant l’Allemagne. Il y a vingt ans, Eiffage est née de la fusion de deux groupes français : Fougerolle et SAE. Fougerolle avait repris Maurice Delens et SAE, Van Rymenant et ses filiales. Quand les deux groupes ont fusionné en France, Eiffage Benelux, qui s’appelait Soficom, a été créé pour regrouper toutes les filiales d’Eiffage. Le Benelux est un pilier fort du groupe.

Vos activités se limitent-elles au Benelux ?

O.G.Nous travaillons aussi à l’international via notre filiale Herbosch-Kiere, spécialisée en travaux maritimes, avec la branche infrastructure du groupe qui regarde actuellement des projets au Canada, en Israël, au Sénégal et en Pologne. Dans le bâtiment, nous regardons vers le Gabon.

L’actionnariat salarié fait-il vraiment partie de votre ADN ?

O.G.L’actionnariat salarié est opérationnel depuis 25 ans. Au départ, 70 % mais aujourd’hui 90 % des salariés sont actionnaires et possèdent entre 25 et 30 % du capital. Nous avons étendu l’actionnariat salarié en Belgique, il y a deux ans. A l’origine, cette forme d’actionnariat a été créée pour protéger le groupe des agressions extérieures, ce qui nous a bien aidés en 2007, l’année où le groupe espagnol, Sacyr, a voulu racheter Eiffage.