Viaduc Reyers: «Et la concertation?»

Depuis quelques jours, de nouvelles pancartes de chantier ont fleuri sur les ruines de l’ancien viaduc Reyers. Après avoir fait tomber le tablier de l’ouvrage lors du congé de Toussaint, les équipes mandatées par Bruxelles-Mobilité vont maintenant s’attaquer aux derniers vestiges de l’édifice et à ses deux rampes d’accès, mais aussi à la consolidation du toit chapeautant le réseau de prémétro pour les lignes 7 et 25.

Dans un toutes-boîtes envoyé aux habitants, l’administration régionale détaille le calendrier des travaux. Des travaux rendus plus compliqués que prévu, sachant que les tunnels Reyers d’entrée et de sortie vers l’autoroute E40 devront également être rénovés.

Simultanément à la démolition des rampes, une dalle de recouvrement provisoire sera posée au-dessus des lignes de transport en commun. Première étape : le retrait des parois de la trémie afin d’installer le coffrage dans lequel sera coulée la dalle. Dès que le béton sera sec, les rampes pourront être détruites, précise Bruxelles-Mobilité en soulignant que ces interventions n’auront qu’un impact limité sur le trafic : les tunnels resteront accessibles aux voitures sur une seule bande de circulation dans chaque direction. Seul l’étançonnage nécessitera la fermeture des trémies, et celui-ci sera réalisé durant la nuit. Ce chantier, dont les travaux préparatoires ont déjà commencé, devrait durer jusqu’aux vacances d’été. La dalle définitive sera, elle, installée après le congé du bâtiment et devrait être terminée à l’automne prochain.

Dans son folder, Bruxelles-Mobilité annonce également la suite des opérations concernant cette fois le réaménagement définitif du boulevard Reyers. Les études sur ce point vont démarrer dans les semaines à venir avant une concertation avec les communes proches (Schaerbeek et Woluwe), prévue d’ici l’été en vue de concocter différentes variantes à soumettre aux riverains avant enquête publique. L’objectif final reste d’avoir un boulevard Reyers réaménagé pour l’automne 2018, peut-on encore lire.

Pas de quoi rassurer entièrement les observateurs, comme à Schaerbeek où l’échevin de la Mobilité parle d’absence de communication dans le chef de la Région.

« La Région pédale un peu dans la semoule »

Denis Grimberghs (CDH) s’est ainsi fendu, il y a quelques jours, d’une missive à l’adresse du ministre régional Pascal Smet (SP.A). « Au cours des dernières semaines, écrit-il, j’ai été forcé de constater que la commune de Schaerbeek était tenue à l’écart des discussions et décisions concernant le réaménagement de la surface du boulevard Reyers suite à la démolition du viaduc. »

Contacté, l’élu CDH nous précise ses inquiétudes. Et il ne mâche pas ses mots. « Il semble que la Région pédale un peu dans la semoule. Un certain nombre de problèmes qui ont vu le jour dans les tunnels, et notamment ceux qui nous occupent ici, posent des soucis qui n’avaient pas été anticipés. Au départ, on annonçait que les travaux n’impliqueraient pas la mise à ciel ouvert de la dalle, avant de se rendre compte qu’il s’agit d’une meilleure solution en termes d’étanchéité. » On va donc tout ouvrir, déplore Denis Grimberghs. « Résultat des courses : le milieu de la chaussée ne sera pas disponible avant longtemps. » Reste que la Région promet toujours le réaménagement pour fin 2018. « S’agit-il de la version définitive ? Jusqu’à présent, on nous disait qu’après la démolition on ferait un réaménagement provisoire. Si c’est pour avoir du définitif à l’automne 2018, on ne serait pas mécontents mais, dans ce cas, il serait temps de lancer les procédures de permis. »

Or, poursuit notre interlocuteur, il reste de nombreuses zones d’ombre. « On n’a toujours rien vu, pas même un brouillon de demande de permis d’urbanisme. Les questions restent pendantes : rond-point ou pas rond-point à Diamant ? Va-t-on, comme le demandent les riverains, créer un carrefour à hauteur de la rue Émile Max ? Ce serait cohérent avec le redéploiement du pôle Reyers. »

Il existe bien un passage souterrain, pour les piétons en tout cas, mais c’est largement insuffisant, pointe l’échevin. « Le tunnel de la mort, il a été entretenu comme les autres tunnels bruxellois, grince-t-il. C’est-à-dire très mal, il faut arrêter de croire que l’on pourra encore faire circuler les gens comme des rats sous la chaussée. » On l’a compris, Schaerbeek attend avec impatience la réponse de Pascal Smet. « On dit, et j’y souscris, qu’il y aura une concertation mais si on veut que cela fonctionne, il faut au minimum se parler entre pouvoirs publics. Sinon, ce sera la cacophonie pour les habitants. »

Sans s’immiscer dans les considérations politiques, « ce n’est pas de notre ressort », l’administration de Bruxelles-Mobilité livre toutefois des indications claires sur la suite du dossier. « Nous parlons bel et bien d’un réaménagement définitif pour l’automne 2018, explique la porte-parole Camille Thiry, qui met en avant la nouvelle donne résultant des analyses complémentaires effectuées dans les tunnels bruxellois. Reyers se situe dans le top 5 des lieux les plus problématiques, l’idée étant donc de procéder aux réalisations nécessaires en même temps que le chantier du viaduc. »