Une mannequin polonaise raconte l’enfer de la mode

M on nom est Zuzanna Buchwald. Je suis mannequin, autrefois athlète, et mon agence m’a demandé de perdre de la masse musculaire en arrêtant de manger et en ne faisant plus aucun exercice physique. J’ai suivi les conseils… et j’ai rapidement développé des troubles alimentaires. D’abord l’anorexie, puis la boulimie », commence la mannequin polonaise de 28 ans dans une vidéo de la chaîne Youtube « Real Women Real Stories ».

Ces troubles alimentaires, elle n’en avait jamais parlé à personne auparavant. D’abord par crainte de tout perdre, puis, parce que cette expérience était beaucoup trop traumatisante pour en parler publiquement. Mais aujourd’hui, la modèle a décidé de donner une voix à toutes celles qui n’en ont pas.

« G arder une taille entre 0 et 2 (soit entre 32 et 34, NDLR.) tout au long de votre carrière est la clé du succès dans l’industrie de la mode », raconte-t-elle dans une interview livrée au quotidien en ligne Dailydot. « Pourtant, pour la plupart des femmes, rester dans la plus petite taille possible aussi longtemps, c’est très difficile. Les jeunes modèles apprennent d’ailleurs très vite la dure loi du marché : si l’agence remarque le moindre gramme en plus, vous êtes mesuré, on vous dit de perdre immédiatement du poids et le tout, avec des réprimandes ».

Après quatre ans de lutte pour garder cette ligne idéale, Zuzanna avait décroché plus de contrats mais surtout bien plus de problèmes de santé. « Je n’avais plus mes règles et j’ai même eu des problèmes avec mes dents à cause de ces troubles », déclare-t-elle.

Elle confie également que les mannequins qui ont pris un peu de poids (et qui ne rentreraient plus dans les tailles étroites des vêtements) se voient imposer des délais stricts pour retrouver la taille « parfaite ». Le modèle s’étonne d’ailleurs que malgré tous les discours sur la maigreur des mannequins, l’agence ne se remette jamais en question quant à la manière de perdre du poids sans mettre en danger la santé.

Photos : Instagram – zuzabuchwald

Pour la jeune femme, une chose est sûre, les agences montrent très peu d’intérêt pour le bien-être psychologique de ses modèles. « Ils développent vraiment une façon de penser très malsaine : au plus vous êtes maigre, au plus désirable et au plus précieuse vous êtes pour eux  », déclare-t-elle à Dailydot. « Les gens me disaient souvent que je menais une vie de rêve mais si vous regardez un peu plus loin que les apparences, vous pouvez voir que l’industrie de la mode est beaucoup moins glamour qu’elle n’en a l’air », conclut-elle.

Aujourd’hui, Zuzanna s’estime guérie et n’a qu’une seule envie : sensibiliser au maximum les jeunes sur les effets psychologiques et physiques provoqués par les standards de beauté surréalistes. Elle invite aussi d’autres modèles à partager leur expérience dans l’espoir de faire changer petit à petit les esprits et surtout, cette « fashion industry » qui a plus que jamais, la peau sur les os.

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