Accueil

Baromètre des notaires: un trimestre record pour l’immobilier belge

Le nombre de transactions a explosé les compteurs lors de ce premier trimestre.

Temps de lecture: 4 min

Jusqu’où le marché immobilier va-t-il grimper ? L’année 2015 a déjà été explosive. Celle-ci commence sur des bases encore plus intenses. C’est bien simple : il n’y a jamais eu autant de transactions immobilières en un trimestre que lors des trois premiers mois de 2016. L’indice d’activité publié ce jeudi par le baromètre des notaires atteint son plus haut niveau depuis son lancement en 2007. Il est aujourd’hui de 127 alors qu’il était par exemple de 112 début 2015, de 105 début 2014, de 99 en 2010 ou encore de 87 en 2009. Bref, les agents immobiliers se frottent les mains et les notaires font tourner le stylo à plein régime depuis quelques semaines.

Comment expliquer cette situation ? Les facteurs sont multiples. Même si c’est un élément important, l’explication des taux d’intérêt particulièrement bas n’est plus suffisante. Ils sont un élément déclencheur d’achat depuis déjà deux ans. Il faut donc chercher ailleurs. Les prix ? Ils n’ont pas baissé. Les comptes d’épargne qui ne rapportent plus rien ? Ce n’est pas à écarter. « Il y a en fait une multitude de raisons à avancer et c’est ce cocktail qui permet d’atteindre les sommets actuels, lance le notaire ostendais, Bart Van Opstal, porte-parole de la Fédération royale du notariat belge. Il faut donc plutôt analyser cette explosion du nombre de transactions dans la durée. Les taux d’intérêt hypothécaires sont historiquement bas, et ce à un moment où les livrets d’épargne ne rapportent que peu ou rien. Cela accroît énormément la mobilité sur le marché de l’immobilier : vu le nombre élevé d’acheteurs potentiels, de nombreuses personnes décident de mettre leur habitation en vente. Du côté des acheteurs, on a à la fois des jeunes qui souhaitent acheter une première habitation et un public plus âgé à la recherche d’un investissement rentable dans toutes sortes de biens immobiliers, allant d’une résidence secondaire à un kot d’étudiants, en passant même par un box de garage. »

Des éléments qui donnent des envies d’investir à pas mal de Belges. D’autant que les conditions actuelles sont bien évidemment exceptionnelles sur le marché hypothécaire. Ce qui ouvre certains horizons. Un exemple : avec une mensualité de 1.000 euros, la capacité d’investissement était, début 2014, de 173.284 euros pour un emprunt de 20 ans à un taux fixe de 3,5 %. Aujourd’hui, avec une même mensualité, le candidat acquéreur pourra acheter un bien 24.780 euros plus cher (taux de 2 %). Une belle affaire qui ne laisse personne indifférent.

La Flandre et Bruxelles flambent

Si on analyse de plus près cette hausse de l’activité immobilière, on aperçoit d’importantes disparités régionales. Par rapport au premier trimestre 2015, la Flandre (+ 23,9 %) et Bruxelles (+ 16,3 %) s’emballent, la Wallonie tire la langue (- 4,8 %). En moyenne, l’activité en Belgique a augmenté de 13,3 %. Il faut notamment lier ces mouvements aux conséquences des décisions fiscales de l’époque.

En matière de prix, le refrain est classique : ils affichent une étonnante stabilité. « Alors que vu la forte hausse du nombre de transactions, on aurait pu penser qu’ils soient en augmentation, précise Bart Van Opstal. Les prix de l’immobilier ne sont pas exorbitants. Sur une base annuelle, nous voyons depuis quelques années un marché très sain, stable, n’affichant presque pas d’importantes fluctuations des prix, et ce grâce au fait que l’offre immobilière est suffisamment grande dans notre pays. »

Le prix moyen d’un appartement en Belgique était de 206.399 euros au premier trimestre 2016 (+ 1,2 % par rapport au premier trimestre 2015). En Flandre, on observe une croissance d’1 % (207.734 euros). La Wallonie a quant à elle connu une hausse de 5,8 % (161.161 euros) alors qu’à Bruxelles le prix moyen d’un appartement était de 228.365 euros (+ 1,9 %). Le prix des maisons est stable dans les trois régions du pays. Précisons toutefois que si les chiffres de l’activité immobilière fournis par les notaires sont un bon indicateur de la santé du marché immobilier belge, ceux des prix sont régulièrement sujets à critiques dans le petit monde de l’immobilier.

Quid pour la suite de l’année ? « Je n’ai pas l’impression que l’activité va diminuer dans les prochains mois, conclut Bart Van Opstal. Les prix sont stables et les taux vont rester intéressants encore un certain temps. Il y a donc encore des affaires à faire. »

À lire aussi Des nouvelles aides encore méconnues du public À lire aussi Immobilier: les prix commune par commune (carte) À lire aussi Vendre ou acheter devient un vrai casse-tête

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
Sur le même sujet La Une Le fil info

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une