Affaire de la gifle: une peine de travail requise à l’encontre de Deroubaix

Le ministère public a requis, mercredi soir, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, une peine de travail d’entre 120 et 150 heures à l’encontre d’Emmanuel Deroubaix. Il estime que ce dernier s’est bien rendu coupable de coups et blessures volontaires sur une journaliste de la RTBF, dans le hall de la gare du Midi, le 12 décembre 2014.

L’attaché de presse d’artistes renommés, par ailleurs conseiller communal (MR) à Woluwe-Saint-Lambert, a également contesté l’excuse de provocation et la circonstance de la contrainte irrésistible à laquelle aurait été soumis le prévenu, des arguments qui seront développés par le conseil de la défense, Me Antoine Chomé. Me Mehdi Aboudi, qui représente Stéphanie De Smedt et l’Association des Journalistes Professionnels (AJP), a, quant à lui, demandé des indemnités d’un euro pour la journaliste et des indemnités d’un euro par membre de l’AJP, soit 2.057 euros, pour l’association professionnelle.

Un rappel des faits

Le 12 décembre 2014, Emmanuel Deroubaix et Stéphanie De Smedt s’étaient croisés fortuitement à la gare du Midi à Bruxelles. Emmanuel Deroubaix avait alors giflé la journaliste pour laquelle il avait des ressentiments à la suite d’un reportage qu’elle avait réalisé le concernant. En 2012, la RTBF avait diffusé, dans l’émission «  Tout ça ne nous rendra pas le Congo », un reportage de Stéphanie De Smedt qui avait suivi Emmanuel Deroubaix pendant plusieurs jours.

«  Ce n’est pas une ’petite claque’, comme il le dit, que Monsieur Deroubaix a donné à la journaliste Stéphanie De Smedt, mais une gifle violente », a estimé le procureur.

«  Pour affirmer que la prévention de coups et blessures est établie, je me base sur les images de vidéosurveillance sur lesquelles on voit le geste, mais aussi sur le témoignage du preneur de son de la victime et sur les constatations du médecin qui font état d’un gonflement de la joue droite de madame », a-t-il expliqué.

Ce dernier avait ensuite déclaré qu’il avait été manipulé par la journaliste, laquelle avait monté son reportage de manière à donner une mauvaise image de lui. «  Elle m’a porté préjudice et m’a fait un grand tort », a encore affirmé l’attaché de presse, mercredi soir, devant le juge. «  Lorsque je l’ai revue, deux ans après ce reportage, dans cette gare, j’ai perdu mes moyens », a-t-il expliqué.

«  J’ai été lynché. J’ai subi une cabale médiatique. J’ai été l’objet de railleries de tous les côtés. J’ai eu l’impression d’avoir participé à un dîner de cons médiatique », a encore exposé Emmanuel Deroubaix qui estime avoir été trompé. L’intéressé a affirmé qu’il ne savait pas que le reportage allait être diffusé dans le cadre de l’émission « Tout ça ne nous rendra pas le Congo », une émission qui, dit-il, «  vise à dresser des portraits peu élogieux de personnes connues ».

Un retour médiatique « non escompté »

La journaliste et son conseil ont, par contre, argumenté pour affirmer que le prévenu était à l’époque bien au courant de la destination du reportage. «  Ce qui lui pose problème en réalité c’est qu’il n’a pas eu le retour médiatique escompté suite à ce reportage, auquel il a néanmoins participé librement », a soutenu Me Aboudi. Emmanuel Deroubaix, qui est en aveux des faits de coups, a toutefois précisé qu’il n’avait donné qu’une « petite claque » et que lui-même avait ensuite été brutalisé par les cameramans de la journaliste.

Son conseil, Me Antoine Chomé, plaidera le 20 avril prochain à 14h00.