Nouveaux documents: pour Ecolo, Jacqueline Galant a menti

Quelques minutes avant une délicate séance de questions parlementaire autour de la nouvelle affaire Galant, le groupe Ecolo-Groen à la Chambre a avancé, lors d’une conférence de presse, de nouveaux documents, qui, pour Jean-Marc Nollet et Benoît Hellings, démontrent que « la ministre a menti en commission de l’Infrastructure ce mercredi quand elle affirme n’avoir jamais été saisie d’une demande précise et formelle de moyens supplémentaires pour la sécurité. »

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« Depuis des années, il y a de graves manquements en Belgique »

Dans le premier document, un mail du président du SPF Mobilité Laurent Ledoux, datée du 15 décembre 2014, celui-ci indique : « Depuis des années, il y a de graves manquements en Belgique concernant la sûreté aérienne. (…) Nous allons donc devoir probablement revoir l’organisation du service d’inspection de sûreté aérienne et soit recruter du personnel qualifié (que nous n’avons pas en interne), soit engager des consultants. Vu nos limitations budgétaires actuelles, nous aurons besoin du plein soutien du cabinet à cette fin. (…) »

Dans ce mail également, cette petite phrase épinglée par Ecolo : « On entre dans l’aéroport comme dans un moulin, des Djihadistes bien connus s’y baladent avec un badge d’accès. »

« La demande a été refusée par le cabinet »

Le deuxième document est une note interne dressant le compte rendu d’une réunion où le chef de cabinet adjoint de la ministre était présent, selon Ecolo. Le document est daté du 11 avril, soit après les attentats de Bruxelles. Ici, il est fait état d’une demande de moyens supplémentaires pour la sécurité aérienne, et il est également fait état d’un précédent refus du cabinet de Jacqueline Galant. « Le président (Laurent Ledoux, NDLR) rappelle sa demande du 1er février au cabinet pour voir s’il était possible de puiser dans les 400 millions d’euros pour améliorer la sécurité aéroportuaire. Demande qui avait été refusée par le cabinet. »

Pour Ecolo, ces éléments démontrent à suffisance que la ministre était bel et bien au courant des demandes de fonds, qu’elle les a refusées et qu’une demande formelle lui a bel et bien été adressée. Le Premier ministre est interrogé à la Chambre à ce sujet.

Mais les premiers éléments de défense du cabinet Galant apparaissent. Selon plusieurs sources anonymes, citées dans la Libre, les procès-vervaux avancés par Ecolo n’ont pas été avalisés par tous les membres du cabinet Galant présents à la réunion. Certains d’entre eux nient qu’ils ait été question d’une conversation portant sur une demande de 400 millions. Ils dénoncent une manipulation.