Jan Jambon lance un appel à travailler ensemble: chiche!

Si Jan Jambon (N-VA) se met à citer Philippe Moureaux (PS), c’est que tout n’est pas perdu. Et que peut-être, l’idée que des forces contraires puissent œuvrer ensemble à des solutions durables pour une partie significative de Belges, musulmans et non musulmans, flamands ou francophones, est envisageable.

Appel à la rescousse

On ironise ? Oui, mais pas tant que ça. Le ministre de l’Intérieur n’a en effet pas perdu la raison en faisant son (stupéfiant) appel à la rescousse à l’ex-bourgmestre de Molenbeek, l’homme dont Bart De Wever s’étonnait récemment qu’il ose encore sortir de chez lui.

Oui, Jan Jambon a raison de penser que Philippe Moureaux le rejoint dans son analyse et sa crainte devant l’existence d’une radicalisation islamique de certains esprits – chez des jeunes notamment – à Bruxelles, comme dans d’autres endroits du pays. Hier d’ailleurs, dans le cadre de la commission de la Chambre, au milieu de ces échanges virulents entre Jan Jambon et ses nombreux détracteurs, un consensus émergeait : il y a un phénomène très inquiétant à l’œuvre dans notre pays auquel il faut s’attaquer, et vite.

« Il faut regagner les cœurs de ces jeunes, même s’ils sont seulement trois. Je fais appel à vous pour qu’on travaille ensemble à la problématique, nous ne pouvons le résoudre qu’ensemble. »

« Il faut récupérer ces gens »

Et si on vous prenait au mot, M. Jambon ? Si on vous donnait rendez-vous dans une semaine, allez, un mois, pour constater la création d’un groupe de travail d’Union nationale, où tous partis confondus œuvreraient à la mise en place de politiques claires, précises, qui attaquent cette radicalisation contre laquelle oui, M. Jambon, l’expert Bilal Benyaich (cité après Moureaux) met en garde depuis des années, mais pour laquelle il réclame depuis des mois des budgets, des actions, une vision, pas seulement à Bruxelles, mais en Flandre également ?

« Il faut récupérer ces gens. » Oui, M. Jambon, mille fois oui : cette partie de votre discours était forte. Mais votre souhait ne deviendra réalité que si en parallèle aux actions de fond à entreprendre, mixant sécurité – évidemment – et intégration, votre président de parti et vous-même renoncez aux propos excessifs et aux mots dénigrants. Car si le radicalisme est à l’œuvre chez des milliers de jeunes Belges, la polarisation – méfiance, préjugés et discrimination – devient la norme. Et ça, c’est aussi Bilal Benyaich qui le dit (in « De N-VA en radicalisering : le nouveau PS est arrivé   ? », 17 décembre 2015, De Standaard).