Boitsfort: «Nous avons une opportunité unique au Chant des cailles»

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Autre site sensible que celui du Chant des cailles à Boitsfort où l’ASBL « La Ferme du Chant des cailles » a lancé un vaste projet d’agriculture urbaine comprenant maraîchage, production de fromages de brebis et d’herbes aromatiques ou encore, un jardin collectif et autres épicerie. Une belle initiative menée dans le cadre d’une convention d’occupation précaire sur un terrain de 3 hectares situé en zone constructible. En décembre 2013, le gouvernement bruxellois annonçait son intention d’y faire pousser 80 logements. Au grand dam des occupants actuels (lire par ailleurs). « Au-delà de la brique, il y a toute une dimension humaine, sociale et environnementale qu’il faut prendre en considération dans ce projet. Ma volonté est de préserver une partie non négligeable des activités et ce, sur 2 des 3 hectares du site en construisant sur la partie la moins préjudiciable pour la ferme, à l’arrière du terrain, et non du côté de l’avenue des Cailles où le projet aurait dû être implanté à la base », souligne Céline Fremault. Pour défendre son point de vue, la ministre a rencontré commune et représentants de la ferme. « Je leur dis qu’ils ont aujourd’hui en face d’eux une ministre qui cumule les casquettes du logement et de l’environnement, très sensible à l’agriculture urbaine et qui va préserver deux tiers du site dans le cadre d’un projet global et intégré. Il ne faut pas exclure la vocation première du site au profit d’activités qui, sur le plan juridique, ne sont pas censées perdurer. Le risque existe qu’un jour un autre gouvernement privilégie la construction de logements sur les trois hectares. Il faut en être conscient ».

D’autant, martèle l’élue centriste, que les deux pans peuvent coexister. « Ma volonté est de défendre les deux projets, celui de la ferme et celui du gouvernement. C’est l’occasion de mener un projet exemplaire comprenant l’intégration urbanistique, le développement durable et une vision de l’agriculture urbaine. On aura une dimension environnementale, sociale et économique qui va dépasser le cadre initial fixé il y a plusieurs années ».

Dans le cahier de charges pour la confection duquel seront associés les responsables de la commune et de la ferme, la ministre souhaite assurer la continuité entre les deux secteurs avec des espaces collectifs ouverts aux voisins, potagers en toitures et des sols partiellement perméables. « Pour que les futurs locataires puissent eux aussi développer une activité de cultures et bénéficier en outre des conseils des usagers actuels du site. C’est une opportunité unique de faire quelque chose de nouveau à Bruxelles. Si on arrive à le faire, on pourra multiplier ce type de projets. J’insiste donc sur la responsabilité de chacun. Avoir du logement social et moyen et de l’agriculture urbaine, c’est une idée magnifique qu’on peut réaliser ensemble . »

« Si on peut prendre un autre terrain »

Dans la commune de Watermael-Boitsfort, la mobilisation pousse plus vite que les légumes. Depuis la création de la ferme du Chant des cailles, environ 2.000 personnes fréquentent les lieux et elles n’ont pas l’intention de céder. Une pétition regroupant environ 5.000 signatures circule actuellement dans le quartier et en ligne.

La ferme est un succès de part sa fréquentation mais aussi en termes de création d’emplois. Depuis 2012, 8 personnes y travaillent comme maraîchers, éleveurs de brebis, jardiniers ou herboristes. Des projets intergénérationnels et pédagogiques y ont aussi vu le jour.

Cependant, le terrain est une zone constructible et, légalement, il est donc très difficile d’empêcher l’érection de bâtiments.

Lors du conseil communal de ce mardi, les élus de l’opposition Jos Bertrand (SP.A) et Martine Payfa (Défi) interpelleront le bourgmestre Olivier Deleuze (Écolo) afin de connaître ses intentions.

Ce dernier avait proposé lors d’une réunion d’information de construire les logements moyens sur le terrain de rugby, rue des Tritomas. Cependant, ce terrain n’appartient pas à la même société de logement social. « Mais le Floréal et le Logis vont fusionner, rappelle le bourgmestre. Lorsque la demande de permis d’urbanisme sera introduite, les deux terrains appartiendront donc au même propriétaire. »

Pour Olivier Deleuze, la proposition de la ministre du Logement, Céline Fremault (CDH), n’est pas satisfaisante. « Il nous semble plus simple de faire du logement sur un terrain où il ne se passe rien plutôt que sur un terrain où une activité s’est mise en place. Si nous pouvons protéger la ferme et construire sur Tritomas, c’est du win win. » Lors du collège de mardi, les échevins décideront de la suite des événements.

 

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