Deux scénarios post-implosion de l’économie

Que se pourrait-il se passer quand la dette implosera ?

À en croire, le proverbe lorrain « la vision préserve de la peur », mieux vaut donc préparer quelques scénarios. On ne sait jamais.

Depuis la crise de 2008, la dette globale a doublé, l’économie mondiale est entrée en stagnation et en récession. Les déficits augmentent, les recettes anciennes buggent. Même les pays émergents battent de l’aile. Les scandales viennent flotter à la surface, partout, tous les jours ou presque. Les grands groupes se posent la question si leurs entreprises sont « future-proof », et si dans la négative, combien de temps cela prendra pour les mettre à jour… et avec qui et quelle expertise. Les burn-outs vont quadrupler en 4 ans, et c’est 1 emploi sur deux qui disparaîtra en 10 ans. De plus, les monnaies soi-disant « fortes », n’ont jamais été aussi fragiles.

Trop de questions complexes sans réponse. Il y a des fous avec flambeaux qui se promènent dans le magasin de pétards.

Scénario 1 : Transition « Hard »

Une bombe explose au mauvais moment au mauvais endroit. Un crash d’une banque systémique. Un scandale « too big to fail »…

4H : Les banques collapsent en chaine, les comptes sont tous bloqués pour une durée indéterminée, les ATM ne sortent plus de cash.

8H : Les cartes de débit et crédit sont bloquées, peu importe combien il y a sur les comptes.

24H : C’est la ruée vers les magasins de vivres.

48H : Les approvisionnements alimentaires stoppent.

72H : Coupures d’électricité, d’eau potable, approvisionnements de carburants stoppés après 4 jours.

1 semaine : Réseaux de communication interrompus… l’économie et les services publics sont totalement stoppés. Faillites en chaîne.

La corruption aussi s’arrête. Une autre émerge : les mafias en tous genres.

Mobilisation de l’armée et de la protection civile.

Le chaos.

Les gens descendent dans les rues.

2 semaines – en continu : vols, pillages de vivres, carburants, eau potable…

Les gouvernements démissionnent, n’ont pas de solution à offrir autre que d’envoyer l’armée. Ils n’ont pas de plan B.

4 semaines : des groupuscules s’organisent localement, partagent ressources en échange de protection.

Beaucoup de morts par homicide, de peur, de maladie mentale, froid, faim, soif, et pétage de plombs.

Plusieurs politiciens, hauts administrateurs, dirigeants, gradés, dirigeants religieux et investisseurs se font lyncher chez eux ou en rue.

8 semaines : des petites coopératives s’auto-organisent, pour l’alimentation, l’éducation, les soins de santé, habitats partagés.

16 semaines : une nouvelle économie émerge lentement mais sûrement, pilotée par un leadership local.

32 semaines : des échanges à l’échelle des provinces, des régions, se créent.

64 semaines : l’éducation, l’agriculture, l’habitat, la sécurité, la santé, l’artisanat s’organisent de façon structurée, en réseau, à partir du local et des expertises et spécialités du cru.

Mais en parallèle, des mafias et groupuscules continuent d’errer et pillent les villages… qui sont protégés par des milices auto-organisées.

Un nouveau monde émerge, contraint et forcé.

Scénario 2 : Transition « Soft »

Des petits chocs successifs sur les bourses et dans les capitales se succèdent un peu partout.

Un réveil collectif des dirigeants et communautés de citoyens s’opère, autour de quelques visionnaires responsables.

24H : De toutes nouvelles coalitions se créent entre parties prenantes de dirigeants et communautés citoyennes. Des « Centres de Transition Economique » sont créés dans les capitales et ailleurs.

72H : Des « masterminds » s’organisent avec les grandes entreprises, politiques, investisseurs, ambassades, experts et communautés citoyennes.

2 semaines : Des investissements massifs sont faits dans l’observation des économies en transition dans des villes test, les expériences historiques sont étudiées, et modélisées.

4 semaines : jeunes, experts et leaders construisent des plans B, adaptés aux territoires divers.

4 mois : Des apprentissages sont faits et cartographiés, mis en forme en « Road Books de Transitions Economiques ».

Le tout est mis sur les réseaux et dans les écoles.

6 mois : Des expériences pilotes de transition ambitieuses sont lancées dans 50 villes du monde

10 mois : Un feedback de ces expériences est centralisé dans un centre global où chacun peut venir, se connecter, amener ses idées et concepts ainsi que ses témoignages.

Une bombe explose au mauvais moment au mauvais endroit. Un crash d’une banque systémique. Un scandale « too big to fail »…

Les gouvernements locaux et fédéraux annoncent d’une même voix : « Nous sommes préparés, nous avons déjà construit plusieurs plans B ensemble. Un beau plan d’un monde dont nous rêvons finalement tous : durable, collaboratif, offrant un avenir pour tous, reconnaissant l’excellence et la valeur unique de chacun. Maintenant, c’est à vous de dérouler cette nouvelle société. Retrouvez vos leaders locaux, et engagez-vous sur cette reconstruction. Tout est déjà là, prêt à être utilisé. »

La mobilisation se fait dans le calme, dans l’enthousiasme d’un monde plein de promesses.

À vous de choisir.

Tout peut encore changer.

Mais comme nous sommes occupés, personne, non, personne – croyez-moi, j’ai été voir à toutes les portes – ne prépare ce plan B pour l’instant.

Ni les dirigeants religieux (j’ai été au Vatican, rencontré les clubs de dirigeants catholiques, musulmans, et juifs), ni l’académique (j’ai presté à et rencontré plus de douze universités européennes), ni le politique (j’ai rencontré plusieurs douzaines de dirigeants politiques de tous les niveaux et pays), ni les scientifiques, militaires, ni les dirigeants du business et de la finance, ni encore les super-riches. Ils sont tous trop occupés à protéger leurs acquis et leurs ego, à court terme. Toujours à court terme. Ce manque de vision, de bon sens commun, de pragmatisme, de réalisme, va leur coûter si cher que la majorité ne s’en remettra pas.

Les derniers seront les premiers – et les premiers seront les derniers.

Sachez que, qu’on le veuille ou non, la métamorphose est déjà en cours, avec ou sans nous.

Il n’est jamais trop tard pour s’inscrire en tant qu’acteur de changement. Ce sera une aventure fascinante pour chacun, car chacun sera obligé d’amener le meilleur de soi au monde.

Bonne merde à tous.

Ps : d’ici là, venez participer à notre Summit le 20 mai :

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Michel de Kemmeter