Quand la terre devient superflue

Douze hectares pour Perwez, quinze pour Incourt. Et Grez-Doiceau qui fait de même mais d’une manière beaucoup plus discrète. La coïncidence est étonnante et interpelle. Plusieurs communes de l’Est du Brabant wallon liquident actuellement une partie de leur patrimoine foncier pour renflouer leurs caisses. Le contexte économique difficile pousse bien évidemment les décideurs politiques à être imaginatifs pour trouver de nouvelles formes de recettes. Et, aujourd’hui, les terres agricoles semblent être la solution la plus appréciable. Il faut signaler que cet actif n’est pas vraiment le plus rentable dans le portefeuille immobilier d’une commune. Et que s’en débarrasser ne suscite gère de vagues car sa gestion n’est pas la vocation première d’une administration communale.

« Pour notre part, cette vente s’inscrit dans un besoin d’avoir des liquidités à court terme, explique la présidente du CPAS de Perwez, Anne Van der Vaeren (DRC PluS). Cette manne financière doit servir à financer divers projets sociaux, de même que l’aménagement d’un logement public. »

Le CPAS dispose d’un étonnant patrimoine foncier de terres agricoles. Il a hérité en 1914 – par le biais du bureau de bienfaisance d’Orbais – de près de 255 hectares légués par Hippolyte-Isidore Trémouroux, l’ancien châtelain d’Odenge. Un patrimoine qui a peu évolué depuis lors.

« Nous nous sommes déjà séparés l’an dernier d’une dizaine d’hectares, poursuit Anne Van der Vaeren. L’idée est d’user de ce levier chaque fois que cela s’avère nécessaire pour développer des politiques sociales. »

Ces terres agricoles – qui sont toutes liées à un bail à ferme – sont mises aux enchères jusqu’au 31 mai. Le prix souhaité est de 35.000 euros/hectare. Un montant relativement bon marché quand on connaît la flambée des prix de ces dernières années.

À Incourt, la donne est similaire. Une vente de quinze hectares sera lancée dans les prochaines semaines pour financer divers projets sociaux. « Ces terres n’ont aucune utilité alors que nous avons d’importants projets dans les cartons, explique le président du CPAS d’Incourt, Benoît Malevé (PS). Notamment en matière d’hébergement pour les seniors. » Incourt dispose encore de près de 70 ha dans son portefeuille. Il devrait continuer à s’alléger dans le futur.

Ces deux exemples illustrent en tout cas une tendance. « Rien n’est programmé à court terme mais ce n’est pas exclu d’y recourir dans le futur, précise de son côté le bourgmestre de Beauvechain, Marc Deconinck (EC), entité qui dispose d’une centaine d’hectares. Une commune n’a aucun intérêt à conserver des terres. D’autant que les locations ne rapportent pas grand-chose. Il s’agit de bonne gestion. »