Pour Sven Mary, Salah Abdeslam «a l’intelligence d’un cendrier vide»

Le conseil belge du suspect clef des attentats de Paris se confie sur la difficulté d’assurer la défense de son client.

Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 2 min

Salah Abdeslam, « un petit con » ? C’est du moins ce qu’en pense son avocat. Sven Mary s’est longuement confié à nos confrères de Libération sur la difficile défense de son client. Le principal suspect des attentats de Paris a été remis ce mercredi matin aux autorités françaises. Et sera dorénavant également représenté par Franck Berton, pénaliste français.

«  Ce n’est pas facile d’assumer cette défense qui ne me rapporte rien, si ce n’est des emmerdes […] Regardez le regard haineux des gens autour de nous, comme si j’étais Abdeslam… »

Abdeslam, génération GTA

Une défense ardue qui ne rapporte rien et un client méprisable ? C’est à peu de choses près ce que confesse l’avocat belge : « C’est un petit con de Molenbeek issu de la petite criminalité, plutôt un suiveur qu’un meneur. Il a l’intelligence d’un cendrier vide, il est d’une abyssale vacuité. Il est l’exemple parfait de la génération GTA [Grand Theft Auto] qui croit vivre dans un jeu vidéo. Lui et ses copains ont réussi à rendre antipathique toute une religion. Je lui ai demandé s’il avait lu le Coran, ce que j’ai fait, et il m’a répondu qu’il avait lu son interprétation sur Internet. Pour des esprits simples, c’est parfait, le Net, c’est le maximum qu’ils puissent comprendre. »

Une relation compliquée

Sven Mary le concède, la communication avec son client a été ardue. Abdeslam est à Bruges, Mary à Bruxelles : « Clairement, il ne me fait pas confiance, reconnaît-il. Il faut du temps pour établir une relation de confiance. »

Pour ça, l’avocat blâme - entre autres - François Molins. Le procureur de Paris a révélé le contenu de l’audition de Salah Abdeslam par la police belge : «  Si Abdeslam constate qu’il fait des auditions et que, deux heures après, celles-ci sont détaillées dans la presse, je me pose des questions. Je pense que Salah Abdeslam est d’une importance capitale pour cette enquête. Je dirais même qu’il vaut de l’or. Il collabore. Il communique. Il ne maintient pas son droit au silence. Je pense qu’il serait intéressant de laisser maintenant le temps au temps, pour que je puisse en parler avec lui, pour que les enquêteurs puissent parler avec lui. »

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