«Le Bienvenu», un faux journal qui veut lutter contre les préjugés envers les réfugiés

« Le Bienvenu », c’est le titre d’un journal unique, distribué à 100.000 exemplaires au moins depuis ce jeudi matin 7 heures dans toutes les grandes gares de Wallonie et de Bruxelles, via 150 bénévoles.

A l’origine de cette initiative, de nombreuses associations de la société civile francophone comme Amnesty, CNCD, Oxfam Magasins du monde, Médecins du monde, MOC, Ligue des familles, Ligue des droits de l’homme, Vie féminine, Financite, Les Grignoux, le Réseau wallon contre la pauvreté, le CAL, Les Scouts, Tout autre chose, les syndicats et les mutuelles, qui ont décidé d’éditer ce « journal populaire de solidarité » pour, disent-ils, promouvoir une vision optimiste des réfugiés et des migrants et « démonter les préjugés et les mensonges liés à leur accueil ». Les organisateurs disent vouloir rappeler également par leur initiative « le rôle déterminant de la presse dans la construction de l’image des réfugiés auprès du public, qui, si l’on en croit les sondages, est de plus en plus réfractaire à leur accueil en Belgique ».

Ils ont opté pour un layout qui rappelle fortement celui des journaux du groupe Sudpresse, dont nous ne connaissons pas à cette heure la réaction.

« Le Bienvenu » compte huit pages d’articles consacrés aux préjugés dont sont victimes les réfugiés et les migrants, à la politique d’accueil de l’Europe, à l’accord UE-Turquie, au bidonville de Calais ou encore aux violations spécifiques dont sont victimes les femmes réfugiées tout au long de leur parcours. Le journal propose également des exemples d’accueil réussis et des informations pratiques destinées aux personnes désireuses d’agir concrètement.

Pour les organisateurs, « si on veut éviter que la question des réfugiés vienne pourrir le débat public – comme c’est encore le cas en Autriche pour le moment avec de réelles menaces pour la démocratie – tout en respectant les valeurs européennes de respect des droits de l’homme et de la dignité humaine, il faut à tout prix changer le ‘narrative’ au sujet et livrer des histoires qui montrent que la présence des réfugiés peut être un plus pour notre société et non une menace, que leur intégration est possible et que pas mal de Belges sont activement impliqués dans ces processus d’accueil et de soutien ».