Le directeur de Sudpresse n’est « pas ennuyé par le journal Le Bienvenu»

J ’ai pris connaissance du journal “Le Bienvenu” ce matin. Le projet part d’une bonne initiative. Un débat doit avoir lieu sur cette thématique, parce que la problématique des immigrés est très compliquée », nous a déclaré ce midi Pierre Leerschool, le directeur général de Sudpresse.

Il affirme ne pas être ennuyé par la distribution, ce jeudi matin, d’un vrai faux journal, largement inspiré de la charte graphique de Sudpresse. Ce journal, intitulé « Le Bienvenu », a été conçu et est diffusé par de nombreuses associations belges francophones (la Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty international, la CSC, les Scouts, Oxfam Magasins du monde, Vie féminine, Financité, CNCD 11.11.11, etc.) pour déconstruire les préjugés sur les réfugiés.

« Je ne veux pas provoquer d’incident »

« On m’appelle depuis ce matin pour me demander si je suis ennuyé par le fait que ce journal soit une copie conforme de nos éditions. Mais non, ce n’est pas le cas. Je ne veux pas provoquer d’incident. Je ne vais pas me retourner contre les associations concernées », poursuit Pierre Leerschool.

« Maintenant, il faut voir si cette initiative a pour objectif de nous accuser de populisme. Je reconnais qu’on est parfois à la limite. C’est quelque chose auquel on doit faire attention. On en débat justement en interne pour trouver un équilibre. Mais je ne veux pas qu’on nous qualifie de journal populiste. Nous sommes un journal populaire, ça oui. Et la limite est difficile à tracer entre le populaire et le populiste », explique-t-il.

« Quatre de nos Unes ont posé problème cette année »

Le journal « Le Bienvenu » est notamment, comme l’expliquent les initiateurs du projet, une réaction à une Une de Sudpresse, publiée fin février, qui titrait : « Invasion de migrants : la Côte belge est menacée ! ».Pierre Leerschool reconnaît que cette Une « a posé des problèmes cette année, comme trois autres de nos Unes ». « Les associations ont raison de le relever, dit-il. En tant que patron et administrateur de Sudpresse, j’ai moi-même demandé qu’on organise un débat autour de ces Unes au sein de la rédaction, avec le chef d’édition et le rédacteur en chef. »