Grève des prisons: l’Etat condamné à verser 300 euros par jour à 26 détenus

L’action de grève des agents pénitentiaires en cours depuis le 25 avril dernier ne permet plus, depuis cette date, de fournir un service minimum : c’est ce que les quatre avocats de vingt-six détenus ont souligné, ce mercredi, devant le tribunal de 1ère instance de Liège où ils avaient introduit trois requêtes unilatérales en référé d’extrême urgence.

Les conditions actuelles

Ainsi, Me Nève, Me Berbuto, Me Seleck et Me Thône ont expliqué au président Glaude que pour leurs clients, les visites familiales sont désormais empêchées, qu’il n’y a pas d’accès régulier aux douches et qu’il est devenu impossible de se procurer des produits d’hygiène et de première nécessité.

Ils ont aussi expliqué que la distribution des repas est devenue aléatoire, que les activités sont supprimées ou réduites, qu’il n’y a plus de contacts avec les avocats ni de comparutions judiciaires, qu’il est devenu impossible de passer des appels téléphoniques…

Enfermés toute la journée à plusieurs dans une cellule de moins de 10 m², ils « sont soumis à une détresse qui dépasse manifestement le niveau inévitable de souffrance inhérent à l’incarcération  », concluent les conseils des 26 détenus, qui ajoutent que ces conditions de détention s’assimilent à des traitements inhumains et dégradants.

Des obligations à respecter

L’ordonnance tombée en fin de journée leur donne raison et condamne l’Etat à une astreinte de 300 euros par jour et par requérant s’il ne garantit pas à chacun d’eux la distribution de trois repas par jour (dont un chaud), une promenade quotidienne d’une heure au moins, l’accès quotidien au téléphone, au moins trois visites familiales par semaine (pour les condamnés) et une par jour (pour les inculpés), un accès normal aux douches et enfin des visites de leurs avocats et de la commission de surveillance.

L’ordonnance aurait déjà été signifiée à l’Etat et puisque une éventuelle tierce opposition n’est pas suspensive, elle prend cours dès la signification.