Panama Papers: les données de 300.000 offshore mises en ligne

Comme ils l’avaient annoncé, l’ICIJ et ses partenaires, dont Le Soir, viennent de mettre en ligne un moteur de recherche permettant au lecteur de naviguer à travers plus de 300.000 offshores  : les deux-tiers sont des sociétés enregistrées par le biais de Mossack Fonseca dans les principaux paradis fiscaux de la planète, 100.000 sociétés proviennent des offshore leaks, une fuite traitée par l’ICIJ et des médias du monde entier en juin 2013.

Tous les « Panama Papers » figurent-ils dans cette base de données ?

Non, pour des raisons de la vie privée notamment : de nombreux documents, dont des échanges de courriels entre les bureaux de Mossack Fonseca, contiennent des copies de passeport, des coordonnées téléphoniques, des références de comptes bancaires, des numéros et mêmes codes de cartes de crédit…

Il n’est matériellement pas possible d’expurger les 11,4 millions de documents de ces informations personnelles. Ou pour le dire autrement et en citant l’ICIJ : « La base de données contient un grand nombre d’informations sur les propriétaires de sociétés, les hommes de paille et les intermédiaires dans des juridictions opaques, mais elle ne révèle pas les comptes bancaires, les échanges de courriers électroniques ni les transactions financières qui apparaissent dans les documents. »

Comment s’est donc effectué le tri ?

De façon automatisée car lorsqu’il crée une société, le bureau de Mossack Fonseca dresse une fiche signalétique de cette offshore : nom de la société, nom de l’agent d’enregistrement, date et pays de création, noms des directeurs et parfois des bénéficiaires économiques…

Ces fiches sont régulièrement mises à jour par Mossack, par exemple en cas d’inactivation ou de dissolution de la société (ce qui explique la subsistance de certains doublons). Ces fiches signalétiques étant structurées et encodées de la même façon et sous le même format, l’équipe technique de l’ICIJ en a récupéré le contenu et l’a indexé. Ce qui permet désormais aux lecteurs de parcourir cette base de données.

Comment se fait-il que certains noms publiés dans la presse soient absents de cette base de données ?

Les noms des bénéficiaires économiques de ces offshores sont par nature entourés de plus grand secret, secret qui est le principal argument de vente des paradis fiscaux et des agents d’enregistrement. Il arrive donc fréquemment que Mossack Fonseca omette de préciser dans la fiche signalétique d’une société qui en sont les vrais actionnaires.

Mais ces noms peuvent apparaître sous d’autres formes, par exemple dans des échanges de courriels, dans des pdf, des factures, etc. Qui comme précisé plus haut, ne sont pas rendus publics. Lorsque de tels noms de structures ou de personnes ont été divulgués par la presse, ce fut après un travail de recoupement et après que les personnes citées ou leurs ayant-droits aient été contactés. Ce moteur de recherche constitue donc, aux yeux de l’ICIJ et de ses partenaires, un compromis raisonnable entre intérêt public et respect de la vie privée.

► Voici le moteur de recherche :