Crash du vol EgyptAir: des débris localisés, l’attentat terroriste «probable»

Le ministre égyptien de l’Aviation civile a estimé que l’hypothèse d’une «attaque terroriste» était «plus probable» que celle d’une défaillance technique pour expliquer le crash jeudi de l’avion d’EgyptAir Paris-Le Caire avec 66 personnes à bord.

«La situation peut, et je dis bien ‘peut’ car je ne veux pas spéculer [...], laisser penser que la probabilité, la possibilité, d’une action à bord, d’une attaque terroriste, est plus élevée que celle d’une défaillance technique», a souligné le ministre Chérif Fathy lors d’une conférence de presse. «Mais je ne veux pas tirer de conclusions hâtives», a-t-il précisé.

Des débris retrouvés

Par ailleurs, des débris qui pourraient être ceux de l’avion d’Egyptair ont été découverts au large de l’île grecque de Crète par un avion égyptien, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’armée grecque, Vassilis Beletsiotis.

«Des objets ont été localisés dans le sud-est de la Crète par un C-130 egyptien, dans une zone qui du point de vue aérien dépend de l’Egypte. Des bateaux seront envoyés sur place» pour vérifier de quoi il s’agit, a indiqué M. Beletsiotis. La télévision publique grecque ERT1 a indiqué de son côté que «des débris ont été découverts à 230 milles marins de la Crète».

Un virage et un tour complet

L’avion a «  effectué un virage de 90 degrés à gauche » puis un tour complet sur lui-même à droite «  en tombant de 37.000 à 15.000 pieds » avant de disparaître des radars, a indiqué le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos. L’A320 devait relier Paris au Caire

«  L’image que nous avons est qu’à 2h37, l’avion, qui se trouvait à environ 10-15 miles à l’intérieur de l’espace aérien égyptien a effectué un virage de 90 degrés à gauche puis de 360 degrés à droite en chutant de 37.000 à 15.000 pieds où son image a été perdue, environ à 10.000 pieds d’altitude », a déclaré Panos Kammenos dans une conférence de presse, précisant s’être entretenu avec son homologue égyptien.

Les recherches se poursuivent

Les recherches se poursuivent dans la zone supposée de la chute de l’appareil, à 130 milles au sud de l’île grecque de Karpathos, dans le sud de la mer Egée.

Un Falcon 50 français va participer aux recherches au côté d’un avion américain «  de coopération maritime », pour renforcer les appareils égyptiens, deux F16 et un C-130 et grecs, un C-130 et un autre appareil militaire déjà dépêchés dans la zone. Les autorités grecques, qui ont aussi dépêché sur place la frégate Nikiphoros Fokas, ont également demandé à la France et aux «  pays amis et alliés » les images satellites à leur disposition.

Le pilote était de bonne humeur

Le pilote de l’avion d’Egyptair n’a signalé «  aucun problème » lors de sa dernière conversation avec les contrôleurs aériens grecs, a pour sa part indiqué un communiqué de l’aviation civile grecque (Ypa). « Les contrôleurs aériens ont communiqué avec le pilote quand l’avion se trouvait au-dessus de l’île de Kea (sud-est de l’Attique) à 37.000 pieds. Il n’a signalé aucun problème », a affirmé à la télévision grecque Antenna le chef de l’Ypa, Constantin Litzerakos. « Le pilote était de bonne humeur et a remercié en grec », a précisé un communiqué de l’Ypa.

L’avion n’a pas dévié des paramètres de vol

Selon Constantin Litzerakos, ce dernier contact s’est produit «  à peu près à 2H05  », mais ensuite, le pilote a cessé de répondre aux appels des contrôleurs aériens grecs, qui se sont poursuivis «  jusqu’à 2H29, quand l’avion a disparu des radars », alors qu’il sortait de la zone de contrôle aérienne (FIR) grecque. Selon Constantin Litzerakos, jusqu’à sa disparition, l’avion «  ne semble pas avoir dévié du tout des paramètres (de vol) que nous lui avions donnés » pour sa route dans le FIR d’Athènes.

Ni l’aviation civile, ni la police portuaire grecque, ni l’armée, ne confirmaient par ailleurs une information relayée par des médias grecs selon lesquels un bateau qui naviguait dans la zone présumée du crash, au large de l’île de Karpathos, aurait vu une boule de feu dans le ciel.