Ce que l’on sait sur le crash de l’avion d’EgyptAir

Au lendemain du crash de l’avion d’EgyptAir Paris-Le Caire qui s’est abîmé en mer, les circonstances de l’accident restent toujours mystérieuses.

Des premiers débris de l’Airbus A320 ont été découverts vendredi à une centaine de km au nord d’Alexandrie par l’armée égyptienne qui a dit poursuivre ses recherches.

«Sièges, valises et... membre humain »

Le ministre grec de la Défense Panos Kammenos a précisé qu’un «membre humain, deux sièges et une ou plusieurs valises» avaient été retrouvés. EgyptAir a ensuite annoncé la découverte de «plus de débris, quelques effets personnels des passagers, des membres humains, des valises et des sièges de l’avion.»

Grâce aux premiers débris, les autorités espèrent comprendre comment le vol MS804 a brusquement disparu des écrans radar alors qu’il survolait, sans problème apparent et dans un ciel clair, la Méditerranée orientale. C’est une véritable course contre la montre qui est engagée, puisque les boîtes noires peuvent émettre leurs signaux quatre à cinq semaines maximum, selon l’ambassade de France en Egypte.

L’avion transportait 66 personnes. Leurs proches ont été accueillis dans un hôtel près de l’aéroport du Caire où des responsables d’EgyptAir les ont informés des derniers développements, selon la compagnie. Installée à la réception, une femme d’une cinquantaine d’années dont la fille se trouvait à bord refuse de perdre espoir. «Ils ne sont pas morts, personne ne sait», lâche-t-elle.

Piste terroriste sérieusement envisagée

L’hypothèse d’un attentat est sérieusement envisagée par l’Egypte et des experts en raison de l’absence totale de message de détresse émis par l’équipage avant la chute brutale de l’appareil.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a déclaré que «toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n’est privilégiée, car nous n’avons absolument aucune indication sur les causes». La disparition de l’avion n’a été revendiquée par aucun groupe djihadiste, comme la branche égyptienne de l’organisation Etat islamique qui avait rapidement revendiqué l’explosion d’une bombe en plein vol dans un avion de touristes russes au dessus du Sinaï le 31 octobre. Les 224 occupants avaient été tués.

Tout en ne souhaitant «pas tirer de conclusions hâtives», le ministre égyptien de l’Aviation civile Chérif Fathy avait estimé jeudi que «la probabilité» d’une «attaque terroriste» était «plus élevée que celle d’une défaillance technique».

Outre des opérations de recherche avec l’Egypte, la Grèce et d’autres pays, la France a envoyé au Caire trois enquêteurs du Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) accompagnés d’un conseiller technique d’Airbus pour participer à l’enquête «de sécurité» sur les causes du crash. Ils rencontraient dans l’après-midi leurs homologues de l’Aviation civile égyptienne.

Le récit des événements

Le vol MS804 a décollé de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle près de Paris mercredi peu après 23h00 et devait atterrir au Caire jeudi à 03h05. L’appareil se trouvait à une altitude de 37.000 pieds (plus de 11.200 m) lorsqu’il a soudainement «effectué un virage de 90 degrés à gauche puis de 360 degrés à droite en chutant de 37.000 à 15.000 pieds» avant de disparaître des radars, selon le ministre grec de la Défense.

Il a disparu des radars grecs alors qu’il venait d’entrer dans l’espace aérien égyptien. Une vingtaine de minutes plus tôt, le pilote n’avait pourtant signalé «aucun problème» aux contrôleurs aériens grecs.

Livré à EgyptAir en novembre 2003, cet Airbus A320 avait accumulé 48.000 heures de vol, ce qui est relativement peu, selon le constructeur aéronautique européen.