Blague ratée de Lafitte, «école de la vie» de Seydoux…: Cannes en onze instants

Alors que Ken Loach a remporté hier la tant convoitée Palme d’or pour son film « Moi, Daniel Blake », voici un retour en onze points sur une quinzaine cannoise haute en couleur.

1.

La blague ratée de Laurent Lafitte en ouverture

« Ça fait plaisir que vous soyez en France parce que ces dernières années vous avez beaucoup tourné en Europe, alors que vous n’êtes même pas condamné pour viol aux États-Unis ». La petite blague de Laurent Lafitte qui animait la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes, a crispé une partie du public. Woody Allen, assis au premier rang avec sa femme, n’a pas semblé apprécier la blague de l’acteur français alors que la fille de son ex-compagne, Mia Farrow, l’accuse de l’avoir agressée sexuellement lorsqu’elle était enfant.

Laurent Lafitte expliquera le lendemain la signification de sa blague dans une interview au Hollywood Reporter. « Quand j’ai écrit cette blague, c’était plutôt une blague sur l’Europe, et sur le fait que [Roman Polanski], l’un des plus grands réalisateurs américains, avait dû passer des années en Europe, alors que Woody Allen n’y était pas obligé, puisqu’il n’était pas accusé de viol dans son propre pays justement. À l’inverse de Polanski. C’était censé être une blague sur le puritanisme américain et le fait qu’il est surprenant qu’un réalisateur américain veuille faire autant de films en Europe ».

2.

La grossesse surprise de Blake Lively

L’actrice américaine de 28 ans a créé l’événement au tout début du festival. À l’affiche de « Cafe Society », le film de Woody Allen choisi pour l’ouverture du festival, elle s’est affichée avec un ventre rebondi ne laissant aucune place au doute. Blake Lively, qui s’était mariée en 2012 avec l’acteur Ryan Reynolds, avait déjà donné naissance à une petite fille en décembre 2014.

3.

La montée des marches originale de Julia Roberts

À l’occasion de sa première montée des marches, pour « Money Monster » de Jodie Foster, l’actrice américaine a simplement préféré se déchausser.

4.

Mélenchon en campagne

S’il n’a pas monté les marches, le candidat à l’élection présidentielle de 2017, a fait une apparition surprise sur la Croisette pour dénoncer la précarité des conditions de travail des salariés du festival.« Cannes, sans les gens qui vous servent à table, qui refont votre lit à l’hôtel, qui vous donnent à manger, il n’y a pas de Cannes. Or, tout ce personnel qui est le cœur du festival de Cannes, sans lequel il n’y a pas de festival possible, il est maltraité, mais maltraité comme moi-même je ne savais pas », a déclaré l’eurodéputé.

5.

L’appel du casting d’« Aquarius »

La crise politique brésilienne s’est invitée au festival. L’équipe du film brésilien « Aquarius » a affirmé son soutien à la présidente fraîchement destituée, Dilma Roussef, lors de sa montée des marches, puis dans la salle de projection en affichant des banderoles « Stop coup in Brasil ». Dilma Roussef l’a ensuite remerciée de son soutien sur Twitter en les embrassant « au nom de la démocratie ».

6.

La Lily-rose mania

Cette année, la jeune actrice de 16 ans a posé ses valises pour la première fois au festival de Cannes à l’occasion de la présentation de « La Danseuse » de Stéphanie di Giusto dans la sélection un « Certain Regard ». Elle y incarne une jeune prodige de la danse classique. Sa mère, Vanessa Paradis a, quant à elle, monté les marches avec le jury de la sélection officielle dont elle fait partie.

7.

« Personal Shopper » hué

C’est finalement le film du français Olivier Assayas, avec Kristen Stewart, qui aura été crucifié sur l’autel cannois. Malgré la prestation de l’actrice américaine saluée, le film a été le premier du festival à avoir été hué et sifflé par les spectateurs. Des tweets suivant la diffusion du film le qualifiaient même d’un « naufrage embarrassant » et de « long-métrage grotesque ».

8.

« L’école de la vie » de Léa Seydoux

L’actrice française est l’auteure de l’un des mini-scandales de la Croisette cette année. Interrogée par les journalistes, Léa Seydoux, a expliqué qu’elle venait de « l’école de la vie ». L’actrice, qui est notamment la petite-fille du président des cinémas Pathé et l’une des plus grosses fortunes de France, a été immédiatement moquée sur les réseaux sociaux.

9.

Xavier Dolan ému aux larmes

Le réalisateur québécois, récompensé d’un Grand Prix pour son film « Juste la fin du monde », s’est présenté ému aux larmes au moment du discours de remerciement. « Votre témoignage, votre compréhension ce soir, me fait croire qu’il faut faire des films qui nous ressemblent avec le cœur, l’instinct et sans compromis, sans céder à la facilité » a exprimé Xavier Dolan à l’attention du jury. Le jeune réalisateur de 27 ans a terminé son discours en citant Anatole France : « Je préfère la folie des passions, à la sagesse de l’indifférence ».

10.

« T’as du clito ? »

Houda Benyamina a fait sensation lors de la cérémonie de clôture. Récompensée de la Caméra d’or pour son premier film « Divines », la réalisatrice franco-marocaine a tenu à féliciter le travail des femmes dans le cinéma. « Pour que les choses changent, il faut beaucoup de femmes décisionnaires », et dans les comités de sélection, a-t-elle plaidé, avant de lancer au délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, Edouard Waintrop, « t’as du clito ! ».

11.

Une Palme d’or engagée

Le jury a finalement sacralisé Ken Loach en lui offrant la deuxième Palme d’or de sa carrière pour son film, « Moi, Daniel Blake », qui suit le parcours d’un chômeur contraint de demander l’aide sociale. Le réalisateur britannique a dénoncé dans son discours « les idées néolibérales » et la montée de l’extrême droite. « Nous approchons d’une période de désespoir et avec le désespoir, c’est l’extrême droite qui en profite. Certains d’entre nous, qui sommes âgés, nous rappelons ce que cette extrême droite a pu faire. Il faut, dans cette période de désespoir, rapporter l’espoir, dire qu’un autre monde est possible et même nécessaire », a déclaré Ken Loach.