L’Autriche échappe de justesse à l’extrême droite

L’Autriche a retenu son souffle toute la journée ce lundi dans l’attente de connaître le vainqueur d’un duel présidentiel au coude-à-coude, qui pouvait voir l’élection du premier chef d’Etat d’extrême droite en Europe. C’est finalement le candidat écologiste Alexander Van der Bellen (Die Grünen) qui l’a emporté de justesse avec 50,3 % des voix contre 49,7 % pour Norbert Hofer (FPÖ).

A l’annonce des résultats, Norbert Hofer a directement reconnu sa défaite sur sa page Facebook. Et ce, alors que son parti avait averti qu’il serait « vigilant » sur le décompte des votes.

Ancien professeur d’université de 72 ans de sensibilité libérale et centriste, Alexander Van der Bellen porte pour la première fois un écologiste à la présidence autrichienne. Une victoire qui révèle toutefois un pays très divisé...

Les votes postaux déterminants

Dimanche soir, au terme du comptage des bulletins déposés dans les urnes, c’est pourtant Norbert Hofer, 45 ans, candidat de la droite radicale FPÖ qui devançait de peu son rival, avec 51,9%.

Les deux adversaires, séparés à ce stade par 144.006 voix, ont été départagés par le dépouillement des votes postaux. Quelque 900.000 électeurs avaient en effet demandé à voter par correspondance, soit 14% de l’électorat. A noter que le vote par correspondance est d’ordinaire défavorable au FPÖ.

Félicitations européennes

L’élection possible du candidat d’extrême droite était vue comme une menace par de nombreuses personnalités politiques européennes. Craignant notamment de voir les débats européens - dont la migration - se complexifier d’autant plus. A l’annonce de la victoire du candidat écologiste, Didier Reynders s’est ainsi empressé de le féliciter sur Twitter.