Maggie De Block va permettre le don de sang aux homosexuels

Révolution attendue : l’interdiction à vie sera levée. Sans doute en demandant 12 mois d’abstinence.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Au terme d’une table-ronde qui s’est déroulée cette après-midi, la ministre de la santé Maggie De Block, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, a clairement exprimé son intention d’abroger l’exclusion à vie des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) du don du sang.

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Elle a notamment pris connaissance de nouvelles études communiquées par des scientifiques, établissements de transfusion, professeurs en éthique et sociologie et représentants des mouvements homosexuels, qui réévalue le risque lié à la transmission de maladies sexuellement transmissibles, dont le virus du sida. La ministre « espère pouvoir prendre une décision dans ce dossier d’ici la fin de l’été ».

Actuellement, toutes les personnes ayant plus d’un ou d’une partenaire sexuelle, ayant eu une relation contre paiement ou suspectant que son partenaire a eu un comportement à risque sont exclus du don du sang. Même si tous les dons sont ensuite testés contre les maladies détectables, le système de don du sang entend ainsi réduire le risque global de transmission… et économiser de l’argent. Pour les mêmes raisons, il exclut, à vie et quel que soit leur comportement, tous les « hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme » (HSH). Une exclusion lourdement critiquée depuis longtemps par les associations de défense des droits civiques, en ce qu’elle stigmatise une communauté et l’exclut de fait du geste altruiste du don du sang, non pas pour un comportement à risques, mais pour une préférence sexuelle. Certains spécialistes rétorquent que le virus peut être indétectable (mais transmissible) lors d’une infection récente.

La ministre de la santé souligne aujourd’hui que « les progrès de la science et les discussions interminables au niveau civique, éthique et social étaient une raison suffisante pour évaluer la réglementation existante et pour examiner s’il convient de l’adapter. » Il y a un an, la Cour européenne de justice a rendu un avis au printemps 2015, dans lequel elle déclare que « l’exclusion des HSH du don de sang peut être autorisée, mais que celle-ci doit être suffisamment fondée scientifiquement ».

Douze mois d’abstinence

La ministre reste, il est vrai, prudentissime : elle nous confirme « qu’elle se concertera avec les établissements de transfusion ainsi qu’avec d’autres partenaires pour arriver à une éventuelle adaptation de la règle actuelle d’interdiction ». Elle souligne qu’il faut « trouver un juste équilibre entre, d’un côté, un facteur minime mais objectivement imprévisible, de plus haut risque de transmission de maladies infectieuses, et de l’autre, la volonté de tenir compte des citoyens souhaitant donner du sang de manière responsable, pour ainsi présenter une valeur ajoutée à la société ».

La ministre envisage donc de lever l’interdiction absolue du don pour privilégier une option qui leur permettrait par exemple de donner du sang après une période bien définie d’abstinence sexuelle avec un autre homme. L’autre solution serait « d’affiner les mécanismes de sécurité, comme par exemple à l’aide de questionnaires détaillés et une interrogation par le médecin chargé de la transfusion sur le comportement sexuel à risque, tout en respectant la vie privée du donneur potentiel ».

La moitié du risque actuel de transmission du VIH par transfusion, estimée par certaines études à 1 sur 2.900 000 dons, est attribuée due à des hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes qui ont donné leur sang malgré l’interdiction. En n’écartant que les hommes qui ont eu des relations homosexuelles dans les douze derniers mois, ce risque disparaît. C’est la solution déjà adoptée en Grande-Bretagne, aux États-Unis ou en Australie. Le Canada requiert une abstinence de 5 ans.

 

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