Grand Central, station européenne

Y aller avec un(e) ami(e) qui aime les belles choses. Qui remarquera la façon dont les initiales GC apparaissent en filigrane sur le pilier de béton à l’entrée, les jardinières plus brutes que brutes, sur la terrasse, les lampes tempêtes de chez Dokidoc, rue Haute, pendues comme si c’était n’importe où, le fait qu’on serve le café dans des verres, les sandwichs emballés dans des carrés de papier kraft, et cette impression que tous les matériaux ont été pensés pour bien vieillir, même si la moitié d’entre eux sont déjà vieux…

« Il y a beaucoup, beaucoup de récup dans cet endroit, explique le capitaine du navire, Frédéric Nicolay qui, depuis 20 ans, étire le centre de Bruxelles par tous les côtés. On a acheté du marbre, du carrelage auprès de Rotor, cette ASBL qui recycle des matériaux de construction ; on a aussi récupéré des éléments, des banquettes, notamment, du siège de Fortis, quand ils ont détruit le bâtiment, rue Montagne du Parc… »

Le cadre

Pour s’inspirer, l’homme qui a lancé Bonsoir Clara, le Roi des Belges, le Mappa Mundo, le Belga, le Bar du matin, le Flamingo, le Zébra, le Potemkine, le Walvis, le Flamingo… est allé chercher du côté de Los Angeles. Rien que ça. Un voyage en famille, un coup de foudre pour un bar là-bas, et quelques allers-retours encore « pour bien observer comment c’était ».

Grand Central est pourtant clairement estampillé Nicolay : les hauts plafonds, les grands murs lisses, la belle lumière – il préfère le jour à la nuit, d’ailleurs on ouvre tôt pour le petit-déjeuner – et plein d’idées pour la suite. Par exemple, les platines du DJ ont déjà trouvé leur place à l’entresol et dès ce jeudi, le premier étage et sa grande terrasse surplombant la place Jean Rey s’ouvrent au public pour le lunch buffet et le brunch du dimanche. Un barbecue est même caché quelque part pour les brochettes de ketfa servies à l’apéro, avec le houmous, les tapenades, le tzatziki…

La carte

Sur le bar en marbre blanc où repose la grosse machine à café Marzocco, derrière les bocaux de verre remplis de cookies, de rochers coco, de madeleines et de biscuits à la lavande, on trouve des pistolets Alpaga (maquée de chèvre, herbes, saucisson, mesclun), Romanesco (jambon, ricotta, tomate et chutney d’amandes, roquette), Veggie ou Pastrami, des crumbles, du carrot cake, des thés, des infusions, du café à l’italienne et des jus pressés. Pas mal de bières, peu de vin, trois ou quatre cocktails, mais de chouettes alcools allant de la tequila, du pisco ou du mezcal au légendaire « Ron Zacapa »…

Le nom ? « J’étais avec un ami. Il m’a dit “Retourne-toi” et il y avait derrière nous l’affiche du film Grand Central. Voilà, ici, c’est grand et c’est central. » Mais un peu mort comme coin, le quartier européen, non ? « Pas si mort que ça, il y a beaucoup de gens qui vivent ici et c’est un nouveau cap où aller. On se rend toujours aux mêmes endroits et cette fois, ce n’est pas l’Europe qui va se déplacer vers Flagey, mais le reste de la ville qui va venir explorer l’Europe. C’est une vraie chance qu’on ait ces gens à Bruxelles, qui ont des idées et des façons de vivre différentes. Bon, OK, ils portent un peu tous la même cravate mais dès qu’ils boivent un verre, ils la retirent ! »

Grand Central, 190 rue Belliard (au coin de la place Jean Rey), 1040 Bruxelles. 4-5,50 euros le sandwich, 19 euros le buffet. 02-721.12.52. Du lundi au vendredi de 7 h « à tard », les samedi et dimanche de 9 h « à tard ». www.legrandcentral.com/