L’écoconstruction belge séduit

De la construction durable à tous les étages, voilà la maxime des architectes à Bruxelles. En 5 ans à peine, la Ville peut s’enorgueillir d’avoir bâti ou rénové 1,2 million de mètres carrés selon les principes de l’écoconstruction passive. De sa politique pionnière et de ses artisans, elle en est fière. Et elle le montre tout autour de la planète.

Vancouver, Cannes, Tokyo et mardi dernier, Londres, en compagnie de Cécile Jodogne (Défi), secrétaire d’Etat pour le commerce extérieur à la Région de Bruxelles-Capitale. Ecobuild.brussels, le cluster des professionnels de la construction et de la rénovation durables à Bruxelles, emmène des architectes du terroir représentant des bureaux de renom exposer leur travail à des assemblées internationales à la fois curieuses et avides de diminuer l’empreinte écologique de leur bâti.

Et la mayonnaise prend. Le savoir-faire bruxellois s’est propagé au-delà de l’Atlantique. Après avoir rencontré la délégation belge l’an dernier, le maire de Vancouver (Canada) veut en effet instaurer le même genre de politique de bâtiments exemplaires et moins énergivores sur son territoire. Et pour cela, il fait appel au bureau d’architecture bruxellois A2M, celui-là même qui est en charge de l’ambassade belge à Kinshasa (voir ci-contre), premier bâtiment passif d’Afrique centrale.

Depuis 2015, à Bruxelles, toutes les nouvelles constructions ou rénovation qui touchent plus de 75 % de l’enveloppe externe doivent suivre le standard passif. Ou du moins le standard passif retravaillé par rapport au contexte urbain. «  Dans le passif, on vise normalement une consommation de 15 kWh/m2/an. Pour cela, on tire un maximum de profit du solaire. Mais en milieu urbain, c’est compliqué à mettre en place car les rues sont fixes et de nombreuses maisons ne sont pas dans le soleil. Dès lors, au lieu de pousser à isoler excessivement les maisons, ce qui est synonyme de grande perte d’espace, on compense avec le placement de panneaux solaires, par exemple », explique Emmanuel Malfeyt, coordinateur du cluster ecobuild.brussels.

Et d’ajouter : « On a dix ans d’avance sur tous les autres pays. Bruxelles a pris la décision de passer en une fois de rien au passif. Ce changement brusque de direction a fait grincer des dents au début mais finalement cette façon de faire était la plus simple. Par contre, en Flandre et en Wallonie, cette transition se fait progressivement : les architectes et les entrepreneurs doivent dès lors adapter et changer leurs exigences chaque année. » Une sacrée prise de tête qui dépend de la date à laquelle on a déposé le permis de construction.

Une autre différence entre les Régions se situe dans la définition d’« écoconstruction ». Alors qu’en Wallonie, le cluster Écoconstruction promeut les matériaux écologiques (comme le chanvre, idéal pour les bâtiments classés) ; à Bruxelles, on utilise ce qu’on veut tant qu’on respecte le standard passif.

A noter toutefois que cette dernière est la seule à continuer à offrir une surprime à l’utilisation de matériau biosourcé. Avec +10 €/m2 d’isolant « vert », on est plus facilement tenté de tirer un trait sur la laine de verre.