C’est vous qui le dites: «Il faut supprimer le CEB»

Les faits

CEB (Certificat d’études de base), CE1D (Certificat d’études du 1er degré de l’enseignement secondaire), CESS (Certificat de l’Enseignement Secondaire Supérieur)… Depuis une petite dizaine d’années, ces acronymes sont entrés dans le quotidien de tous les élèves francophones – et de leurs parents – à différentes périodes de leur scolarité – en l’occurrence à la fin de 6e primaire, à la fin de la 2e secondaire et à la fin de la rhéto.

A ces épreuves « certificatives » (l’élève doit les réussir) s’ajoutent des tests non certificatifs, sans impact sur la scolarité de l’élève. Organisés en 3e primaire, 5e primaire et 4e secondaire, ils portent sur les maths, le français et les sciences. Et ce n’est pas fini : cette année, des écoles pilotes ont fait passer un CE2D aux élèves de 4e secondaire…

C’est vous qui le dites

Ce débat vous a inspiré. Il vous a aussi divisé. Certains défendent les épreuves certificatives, comme cet internaute  : « Il est très utile ce CEB. Il permet de visualiser à quel niveau se situe un élève, sans biais de la part de l’école ou de l’enseignant. Quant au taux de réussite, qu’importe… (…) Il suffit de savoir interpréter correctement les résultats, sans bla-bla politique. » Bart est presque du même avis. « Le pourcentage de réussite importe peu. L’écart par rapport à la moyenne des points des élèves de la FWB est plus significatif. C’est surtout intéressant pour détecter les écoles à problèmes. »

D’autres comprennent l’intérêt des épreuves certificatives, mais voudraient les réformer. À l’instar de Suzy  : « Laisser faire les examens par les écoles c’est retourner d’une dizaine d’années en arrière. Par contre, pour le CEB, comme il évalue les compétences minimales à avoir acquis en fin de 6ème, il faudrait exiger peut-être 70 % pour le réussir. 50 % des connaissances minimales c’est peu pour aborder le secondaire », estime-t-elle. Xavier aussi veut augmenter les exigences : « Il est possible de réussir brillamment un examen de maths en se contentant de restituer la matière sans rien y avoir compris… Il est là, le problème mis en évidence par les diverses études ! »

Et puis, il y a ceux qui ne comprennent pas l’utilité des CEB, CE1D et autres CESS. Alain et Claudine Guiot-Gillet sont très critiques : « Sans aucun doute le CEB le prépare-t-il au nivellement par le bas pratiqué à outrance pendant les humanités, et qui entretient l’énorme fracture entre l’enseignement obligatoire et les études supérieures. Nos têtes blondes décrochent leur ‘diplôme’ de rhéto sans qu’on leur ait appris à bûcher et à planifier leur travail. On s’étonne après de l’importance de l’échec à l’université ou dans les hautes écoles. »

Chris enfonce le clou : « 90 % de réussite chaque année alors que toutes les études montrent que l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles est l’un des plus mauvais d’Europe. (…) Nos voisins nordiques l’ont compris depuis bien longtemps : il faut supprimer le CEB et supprimer tous les ‘examens’ équivalents sans oublier, bien entendu, de moderniser notre système d’évaluation. Etudier ses examens par cœur pour pouvoir bêtement réciter la matière n’a aucun intérêt. »

L’avis du « Soir »

Le Soira interrogé Christiane Buisseret, présidente de l’association belge des professeurs de français et membre du CEDILL (le centre d’études en didactique de l’UCL).

Pour elle, « beaucoup oublient la philosophie première des socles de compétences et des évaluations externes. Celle qui exige que les élèves, en fin de premier degré du secondaire, aient acquis les compétences minimales demandées. On parle donc bien de quelque chose de minimal, de basique. Or, on a tendance à complètement oublier ce mot. »

Elle ajoute, « il faut sortir de cette culture de la performance et de l’échec, changer les mentalités au niveau des résultats. On crée un stress malsain chez les enfants. D’ailleurs, la fameuse question sur le chat, Flocon (lors du dernier CE1D de Français). Que va-t-on reprocher à la sérénité psychologique que l’élève ressent en découvrant cette première question ? Peut-être que cette question était plus facile que les autres, mais peut-être aussi qu’il s’agissait de déstresser l’enfant. Il faut que les profs se demandent s’ils veulent vraiment sortir leur Bic rouge, buser et sélectionner. »