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Yvan Mayeur : finir l'aménagement du piétonnier en 2018 «sera très difficile»

Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, était l’invité de la rédaction du Soir mercredi matin.

Temps de lecture: 5 min

Un an tout juste après la mise en application du piétonner sur le boulevard Anspach, dans le centre de Bruxelles, de nombreuses interrogations restent en suspens. Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles, a répondu aux questions des internautes. Le bourgmestre a confirmé qu’aucune date ne pouvait être avancée pour la fin de l’aménagement du piétonnier. Initiallement prévu en 2018, la date d’inauguration est repoussée, notamment à cause des recours dont il a fait l’objet et de la lenteur des procédures.

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On retire le permis d’aménagement, mais on continue les travaux. Encore une histoire belge… Comment l’avis de l’auditorat du conseil d’État peut-il remettre en question le projet du piétonnier ? (Philippe)

« Il y a eu des recours contre le piétonnier. Et l’avis de l’auditeur du Conseil d’État, s’il pointe des erreurs, ne remet pas en cause la raison d’être du piétonnier. On a décidé d’anticiper la décision finale et de retirer nos permis, de travailler sur les points évoqués dans l’avis de l’auditeur avant de réintroduire les permis modifiés. Selon le conseil d’État, une hypothèse manque au rapport d’incidence. Il faut donc le compléter. Cela pourrait engendrer un retard de quatre à cinq mois pour avoir un nouveau permis. Mais aujourd’hui, nous regardons si nous pouvons déjà commencer certains travaux, notamment à cause du fait que des travaux ont déjà commencés. À cause de tous ces recours et ces procédures, je n’ose plus donner une date pour l’aménagement définitif du piétonnier. L’inaugurer en 2018 sera très difficile. L’objectif de finir le piétonnier avant les élections communales n’est vraiment pas sûr d’être atteint. Ce qui me gêne est que je préfère finir les projets durant la législature pour laquelle j’ai été investi, c’est ce qu’on appelle le temps démocratique. Ici, nous n’arriverons pas à faire cela dans ce temps imparti et je trouve cela dommage. »

J’aime beaucoup l’idée du piétonnier mais sa réalisation se passe mal. Si vous pouviez retourner dans le passé, que changeriez-vous ? (Pascaline)

« Si je pouvais changer le passé, je ferais en sorte de ne pas avoir une ville conçue et construite pour les voitures. C’est de cette situation dont on a hérité. Et tenter de la modifier, c’est lourd et compliqué. C’est pour ça que les choses avancent avec quelques difficultés. Dans les années 50 et 60, Bruxelles a été conçue comme une ville utilitaire et les tours se sont installées au cœur de la ville. En regardant des plans de la ville d’alors, on se rend compte que l’on aurait pu jouer autour des places publiques des différents quartiers populaires du centre, mais cela n’a pas été fait. Nous héritons aujourd’hui de cette situation difficile à modifier. Si je regarde un passé plus récent, je me dis que l’on aurait pu aller un peu plus vite. Les procédures sont longues, mais l’image du piétonnier définitif a mis près d’un an à être présenté, c’est donc aussi de notre faute. »

Trouvez-vous normal que la Ville de Bruxelles débloque 121.000 euros pour financer un… observatoire du piétonnier ? N’y a-t-il pas un conflit d’intérêts ? (Nicolas)

« Je suis convaincu que dans tout ce que l’on fait il n’y a pas assez d’accompagnement et d’analyse. Pour bien l’expliquer, il s’agit de 120 000 euros par an pendant trois ans, qui iront à des groupes universitaires qui analyseront ce que produit ce piétonnier sociologiquement. Nous voulons observer l’impact pour la population. Il faut mettre de l’intelligence dans ce que l’on fait et cela vaut ce montant. C’est aussi un moyen d’avoir un œil académique sur ce projet. Ces groupes seront complètement indépendants donc il n’y aura pas de conflits d’intérêts. La Ville ne fait pas partie de ces groupes d’études. »

Ne faudrait-il pas revoir la politique de parking ? (PhV)

« Nous ne sommes pas gestionnaires des parkings. Ce sont des gestionnaires privés qui s’en occupent et ont leur propre logique. Nous essayons de rendre l’accessibilité de ces parkings plus grande, mais ce n’est pas toujours facile de se faire entendre car ce sont de grands groupes économiques. Il y a beaucoup d’efforts à accomplir de ce côté-là. On a beaucoup de parkings d’un côté du Pentagone, mais pas assez de l’autre et ils ne sont pas suffisamment indiqués. On doit pouvoir mieux indiquer où se garer. Nous avons demandé une information proactive qui permet aux gens de savoir ou sont les places de parking disponibles non loin d’eux, cela pourrait être activé en décembre. En plus de cela, il faut, pour les habitants, de parkings réservés aux riverains. Dans le quartier des Marolles par exemple, il manque énormément de place de parking pour les riverains »

Avez-vous étudié la possibilité de mettre en place une « zone de rencontre » ? (Alexandre Jongen)

« Une zone de confort – c’est-à-dire où les véhicules ne peuvent rouler qu’à 20km/h maximum – est prévue, non pas sur le centre du piétonnier mais sur les rues adjacentes. C’est notamment la rue du midi et la place Fontainas qui bénéficieront de ces installations. Il faut savoir qu’aujourd’hui, de plus en plus de gens viennent nous demander de faire des piétonniers. À la rue de l’étuve, par exemple, il y a une demande explicite des habitants et commerçants de piétonniser l’endroit. Nous répondons donc aussi à une demande. »

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