L’onde de choc du Brexit: pour Romano Prodi, «il y a un risque de stagnation»

Huit jours après le vote en faveur du Brexit en Angleterre,Le Soir sollicite une vingtaine de témoins et d’experts pour évaluer, analyser, décrypter les conséquences de la décision anglaise de tourner le dos à l’Union Européenne.

Dans nos éditions de ce week-end, un supplément de 14 pages, « Brexit : l’onde de choc », avec les contributions de personnalités de tous horizons, parmi lesquelles - entre autres - William Boyd, Michel Onfray, Massimo D’Alema, Romano Prodi, Jean-Claude Trichet, Thomas Piketty, Jane Birkin ou encore José Bové.

Romano Prodi nous livre son analyse, empreinte de pessimisme.

Vous auriez voté « Remain », on imagine.

Oui, mais en espérant que la Grande-Bretagne se fasse plus collaborante, elle qui a toujours freiné l’Union… J’aurais voté sans enthousiasme, avec le cerveau, pas avec le cœur… Car j’en ai eu l’expérience comme président de la Commission, j’ai eu à subir les terribles critiques de la Grande-Bretagne adressées aux organes supranationaux, l’opposition de ses responsables politiques à toute volonté d’aller vers plus d’Union. Je pense aussi à des leaders qui se sont battus ici pour le Remain, comme Tony Blair, Gordon Brown…

Le Brexit peut-il provoquer un éclatement de l’Union ?

Personne n’y a intérêt – beaucoup de pays critiques tirent bénéfice de l’Europe financièrement, ils ne pousseront pas à la rupture, je ne le crois pas. Mais tout cela peut produire une sorte de paralysie, et conduire à une stagnation politique comme économique. C’est cela le danger. Méditez ceci : la crise économique et financière est partie des États-Unis il y a une dizaine d’années, lesquels en sont sortis parce qu’Obama a mis sur la table immédiatement 800 milliards de dollars. La Chine a mis 595 milliards, tout de suite elle aussi. L’Europe ? Après des années, elle n’a toujours pas dépensé les premiers 100 milliards du fonds Juncker ! Tout est dit.

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