Brexit: «Le désamour des Anglais est provoqué», selon Yves Sente

Scénariste de bande dessinée belge, le Bruxellois Yves Sente a signé les reprises de plusieurs séries cultes du 9e Art comme Thorgal, XIII ou Blake et Mortimer.

Chef du service Culture Temps de lecture: 2 min

Neuf jours après le vote en faveur du Brexit en Angleterre, Le Soir sollicite une vingtaine de témoins et d’experts pour évaluer, analyser, décrypter les conséquences de la décision anglaise de tourner le dos à l’Union Européenne.

Dans nos éditions de ce week-end, un supplément de 14 pages, « Brexit : l’onde de choc », avec les contributions de personnalités de tous horizons, parmi lesquelles - entre autres - William Boyd, Michel Onfray, Massimo D’Alema, Romano Prodi, Jean-Claude Trichet, Thomas Piketty, Jane Birkin ou encore José Bové.

Blake et Mortimer sont les héros les plus british de l’histoire de la bande dessinée. Leur scénariste, Yves Sente, est consterné par ce qui leur arrive aujourd’hui : le Brexit risque de compromettre la collaboration scientifique entre le professeur Mortimer et ses collègues européens.

L’issue du référendum vous a surpris ?

Je prends cette décision comme une douche froide. C’est la première fois qu’un pays choisit de se retirer de l’Union plutôt que d’y entrer. Le désamour des Anglais est un désamour provoqué. Organiser un référendum sur une question aux conséquences aussi complexe que la sortie de l’Union européenne était ridicule. Cameron a joué les apprentis sorciers de la politique. D’abord parce que la formulation était trop basique. La preuve en est que des gens qui ont voté en faveur de la sortie de l’Union déclarent aujourd’hui que s’ils avaient mesuré les conséquences auxquelles cette décision les exposait, ils auraient voté non ! L’autre erreur a été de penser dans le chef des élites intellectuelles que la bataille était gagnée d’avance, sans réaliser que certains voteraient à l’impulsion en prenant au pied de la lettre les affiches et les slogans de Nigel Farage montrant l’Angleterre envahie par des flots de réfugiés. Personne ne s’attendait, pas même dans le camp des défenseurs du Brexit, à une victoire du oui. Mais on ne peut pas nier le résultat du référendum, même si les électeurs ont été mal informés et parfois abusés par des charlatans de la politique…

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