Vivaqua et Hydrobru se fiancent

Arnaud Pinxteren (Ecolo) se réjouit de cette étape dans la rationalisation du secteur bruxellois de l’eau. Mais il faut que la Région soit davantage impliquée dans l’intercommunale, estime-t-il.

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Les Bruxellois ne savent pas toujours que l’eau qu’ils consomment est parmi les moins chères du pays. Un ménage de deux personnes qui consomme 70 m3 d’eau par an débourse 250 euros à Bruxelles, et de 350 à 400 euros à Ostende ou à Liège, par exemple. Ils ignorent également souvent que l’eau qui leur est fournie est produite par une intercommunale, Vivaqua, qui associe 38 communes et une intercommunale du Brabant wallon, et qu’elle est distribuée par une autre intercommunale, Hydrobru, qui gère le réseau de distribution de l’eau. Si on leur annonce, en outre, que les conseils d’administration des deux opérateurs publics ont approuvé la semaine dernière les statuts d’une nouvelle intercommunale, appelons-la Vivaqua 2.0, qui fusionnera les deux activités, il y a fort à parier que les Bruxellois s’en fichent.

Augmentation du prix

Sauf peut-être si on signale dans la foulée qu’ils doivent s’attendre à une augmentation du prix de l’eau… Et c’est bien ce qui risque d’arriver dans les années qui viennent, observe le député Ecolo bruxellois Arnaud Pinxteren, qui suit de près ce dossier : d’une part, Vivaqua va perdre une partie de ses communes actionnaires, qui sont aussi ses clientes, parce qu’elles sont en Flandre et qu’elles préfèrent s’associer à une intercommunale flamande ; d’autre part, la consommation de l’eau est partout en baisse, notamment grâce au développement d’appareils électroménagers plus économiques. Le chiffre d’affaires à l’horizon 2020 s’annonce donc en nette baisse pour Vivaqua, alors que les coûts structurels, eux, demeurent stables, quand ils n’augmentent pas (notamment en raison de la nécessité de rénover le réseau d’égouts bruxellois). S’appuyant sur une étude récente de la fondation Roi Baudouin, Arnaud Pinxteren rappelle du reste que « la facture d’eau a augmenté de 46 % en moyenne entre 2009 et 2013 à Bruxelles. »

Dans ce contexte, les Verts bruxellois se réjouissent de l’absorption d’Hydrobru par Vivaqua, « dès lors qu’elle devrait permettre une rationalisation du secteur bruxellois de l’eau qui dégagerait des moyens financiers et garantirait leur affectation optimale », explique Arnaud Pinxteren. Qui ajoute : « En tout cas, cette fusion va permettre à Vivaqua de ne pas être dans le rouge dès 2019. »

Manque de transparence

Autre raison pour le député d’exprimer sa satisfaction : « la fusion va permettre à Vivaqua de modifier ses pratiques de gouvernance sur le plan juridique, en matière de gestion du personnel ainsi que dans la gestion comptable et les perspectives financières », énumère-t-il. Il est vrai que ce n’est pas la transparence qui, aux dires d’Arnaud Pinxteren ou de certains mandataires des communes actionnaires, caractérise le plus la gestion de Vivaqua (lire ci-contre). Et le député Ecolo de pointer « la méthode Mayeur » – le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Yvan Mayeur étant également président du Conseil d’administration de Vivaqua : « La rétention d’information, l’absence de transparence effective du processus de fusion et le fait qu’onze administrateurs au sein d’Hydrobru, et pas que des Ecolo, aient voté contre la fusion pour contester cette méthode démontre la détérioration du climat politique sur ce sujet », estime-t-il.

Parce qu’en réalité, si la rationalisation du secteur est indispensable aux yeux des Verts, la fusion des intercommunales ne peut être qu’une étape. « Et cette étape est insuffisante parce qu’elle fait fi de la réalité régionale », souligne Arnaud Pinxteren. Qui rappelle que pour la mobilité et les déchets, la régionalisation est devenue une réalité avec la création de la Stib et de l’Agence Bruxelles Propreté, qui ont dépassé le cadre de « la gestion municipale ou intercommunale ».

Une étape insuffisante

« La responsabilité du pilotage de la politique de l’eau, de la rencontre des objectifs européens en la matière, de la fixation du prix, de même que la gestion de nombreuses infrastructures d’égouttage et d’épuration reviennent désormais à la Région bruxelloise », détaille le député. Qui plaide dès lors pour une poursuite dans la foulée de cette fusion de « l’intégration politique et opérationnelle du secteur en associant étroitement le niveau régional dans le pilotage de l’entité fusionnée. »

Pour que la fusion puisse devenir effective au 1er janvier 2017, la tutelle régionale doit émettre un avis, et la Région doit modifier l’ordonnance Eau. La Région aura bien un rôle à jouer.

 

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