Verviers: le Grand Théâtre est sauvé mais son avenir reste à écrire

Verviers, sa gare centrale, son conservatoire et son Grand Théâtre. Le dernier théâtre à l’italienne de Wallonie qui n’a pas été restauré, contrairement à ceux de Liège et Namur.

Le voici sauvé après que le gouvernement wallon a promis deux mesures : son classement comme patrimoine exceptionnel et, par voie de conséquence, l’octroi d’une convention-cadre de 1,3 millions par an pendant dix ans. De quoi assurer une partie des travaux de restauration tant intérieurs qu’extérieurs. « Fin août, nous allons désigner l’auteur de projet qui sera chargé de mener à bien l’ensemble de la rénovation », déclare le premier échevin Benoît Pitance (CDH).

D’ores et déjà, le budget initial de 21 millions d’euros réalisé en 2015 pour le dossier des fonds Feder sera dépassé. « Nous devons encore intégrer tant les honoraires que l’indexation par rapport à la première mouture de 2015 même si, en retirant les équipements propres à une salle polyvalente (pas de grande cage de scène, NDLR), nous faisons une économie d’un million d’euros », explique l’échevin de la Culture Jean-François Istasse (PS), qui plaide pour que le Grand Théâtre devienne un pôle musical. Contrairement aux infrastructures liégeoises de l’Opéra et du Théâtre, la salle verviétoise ne sera pas équipée pour accueillir de grands spectacles. Quelle sera son affectation ? « Cela reste à écrire », déclare l’échevin des Finances Benoît Pitance.

Pour boucler le budget

Comment la Ville de Verviers va-t-elle parvenir à boucler le budget de ce chantier comprenant à la fois restauration de patrimoine et équipement culturel ? « Outre les 13 millions de la Région sous l’enveloppe Patrimoine, nous pouvons compter sur un subside de Liège Europe Métropole (1 million), et de la province (au moins 1 million) », explique Benoît Pitance qui entend lancer un appel au mécénat et au financement participatif, en rappelant que la Ville mettra également la main au portefeuille pour environ 4 à 5 millions d’euros. Enfin, la Fédération Wallonie-Bruxelles sera sollicitée dans le cadre des équipements culturels. « Nous espérons 3 à 4 millions d’euros », ajoute Jean-François Istasse.

Débourser au final près de 25 millions d’euros pour une infrastructure probablement dépassée au regard de la culture contemporaine (danse, théâtre, musique et arts numériques), est-ce pertinent ? « Il y a une unanimité au niveau politique pour faire renaître le Grand Théâtre qui est un des emblèmes de Verviers », répond Jean-François Istasse. Benoît Pitance ajoute : « Il ne faut pas opposer les deux. Nous avons également besoin, au travers du centre culturel, d’une salle adaptée à la culture contemporaine. Ce dossier-là aussi est ouvert. »

Un pôle musical d’excellence

Selon l’échevin de la Culture, le nouveau Grand Théâtre ne sera pas géré par le centre culturel. Il ne sera pas non plus adapté à l’accueil de grands spectacles. Par contre, il doit devenir un « pôle musical d’excellence avec d’importants moyens de captation audiovisuelle, gérés par la télévision locale Télévesdre ». L’échevin veut également en faire un « centre de formation professionnel pour tous les métiers de la musique, l’équivalent du Pôle image à Liège. Cela fait partie des pistes à explorer, en gardant à la fois l’esprit d’une complémentarité avec Liège et en associant les différents opérateurs culturels et les communes de la région verviétoise », poursuit l’échevin qui a demandé une étude en ce sens à la SPI. « Nous allons devoir également imaginer une structure de gestion innovante. »