Les jus régionaux font un tabac chez Carrefour

Un mariage entre la chaîne de grandes surfaces Carrefour et de petits producteurs locaux est-il possible ? Voici quelques années, Carrefour a décidé de créer une ligne de produits locaux bien déterminés, dans chacun de ses magasins, selon un cahier de charges précis, tous ces produits étant clairement identifiés dans un espace commun. Aujourd’hui, il y en existe plusieurs milliers provenant, selon Carrefour, de près de 700 producteurs locaux.

Carrefour avait cette année décidé dans le Village de l’Agriculture, de mettre en avant les seuls jus de terroir, en invitant chaque jour des producteurs. Il y a eu des milliers de dégustations. Ce lundi, ils étaient trois : le Virtonais Didier Munaut du Verger de Gaume, les Vergers de la Vallée de Serge Fallon à Hanret (Eghezée) et les Brabançons du Verger de la Chise.

Tous les trois sont heureux de ce partenariat commercial « sans fausse note » qui a permis de toucher une autre clientèle et de booster leurs ventes. « Au début, j’étais un peu réticent quand Carrefour m’a contacté », note Didier Munaut. Aujourd’hui, il ne regrette rien. « Le cahier des charges est complètement respecté, on fournit régulièrement, on est payé dans les temps et l’affaire tourne. » Il estime que plus de 10 % de sa production part par ce biais dans les hyper d’Arlon et Marche, et les « markets » de Florenville et Virton.

Un vrai tremplin

Avec la densité commerciale namuroise – les produits locaux ne peuvent dépasser, selon le cahier de charges Carrefour, les 40km autour du lieu de production –, Serge Fallon estime que Carrefour a été une véritable impulsion pour ses produits. Il y vend ses fruits frais, mais aussi ses jus pomme-poire, pomme-cerise, pomme tout court et pomme-fraise issus de ses vergers et de vergers voisins pour les petits fruits. Pour les fruits, il fallait auparavant passer par une coopérative flamande car il n’existe aucune structure de ce type en Wallonie, si ce n’est Wépion pour les fraises.

Didier Munaut est d’autant plus satisfait que c’est toute sa production qui est reprise : jus, cidre, Zigomar et Pom’O. «  Carrefour a une force de distribution. Pour vendre autant dans les marchés locaux, un concept très chouette, il me faudrait bien plus d’énergie et de temps ».