Plus de 100 médias fermés et 1.600 soldats renvoyés: la purge d’Erdogan continue

Selon CNN Turquie, plus de 1.500 personnes travaillant pour l’armée turque ont été virées dans le cadre d’une vaste opération de reprise en main lancée après le putsch raté.

L’armée a durement été touchée par les purges d’Erdogan : 149 généraux et amiraux, 1099 officiers et 436 sous-officiers ont été renvoyés.

« Ils ont été limogés pour leur complicité dans la tentative de coup d’Etat », a déclaré un responsable turc, précisant qu’il s’agissait de 87 hauts gradés de l’armée de terre, 30 de l’armée de l’air et 32 de la marine.

Les médias également concernés

Le secteur des médias a aussi été touché par les purges. Trois agences de presse (dont Cihan), 16 chaînes de télévision (dont STV et Kanaltürk), 23 chaînes de radio, 45 journaux (dont Zaman et Taraf), 15 magazines ainsi que 29 maisons d’édition ont été fermées définitivement.

La semaine dernière déjà, les licences octroyées à 24 chaînes de radio et de télévision avaient été retirées et 34 journalistes considérés proches de M. Gülen, le principal ennemi du président Erdogan, s’étaient vu retirer leur carte de presse.

L’armée visée depuis longtemps

Seulement quelques jours après le putsch raté, près de 9.200 personnes avaient déjà été arrêtées et 2.600 emprisonnées. Parmi elles, une très large majorité de magistrats et de soldats, dont 107 généraux et amiraux incarcérés (sur un total de 358 au sein de l’armée turque).

Depuis la semaine dernière, 9.322 militaires, magistrats, policiers font par ailleurs l’objet d’une procédure judiciaire.

Le ministre turc de l’Energie, Berat Albayrak, a laissé entendre ce mercredi, lors d’une intervention devant des journalistes étrangers, que des éléments de l’armée avaient ourdi ce putsch après avoir appris qu’ils étaient sur le point d’être victimes d’une purge.

M. Albayrak a révélé que le Conseil militaire suprême (YAS) avait l’intention de se réunir dans le courant de l’été pour expulser de l’armée tous les officiers soupçonnés d’être liés à Fethullah Gülen, le prédicateur vivant en exil aux États-Unis et accusé par Ankara d’être derrière le coup d’État, en dépit de ses démentis.

« Ces gens (des réseaux gulénistes) avaient été découverts et les listes (de noms) avaient été envoyées aux ministères concernés », a assuré le ministre de l’Energie. « Quand ils (les rebelles militaires) ont compris que les choses allaient se passer ainsi, ils ont pris la décision finale, aux abois ».

Tous les secteurs

Depuis son retour à Ankara suite au putsch avorté, Erdogan a lancé une vaste opération de reprise en main.

Le service public a lui aussi connu des purges : 8.777 fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ont été remerciés de même que 1.500 au ministère des Finances, et 257 autres au sein des cabinets attachés au Premier ministre.

Le Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK) a interdit jusqu’à nouvel ordre toutes les missions à l’étranger pour les universitaires, a rapporté mercredi l’agence de presse pro-gouvernementale Anadolu, cinq jours après un putsch avorté. 15.200 enseignants ont été licenciés et 1.577 doyens d’université poussés à démissionner. Plus de 21.000 professeurs du privé ont perdu leur droit d’exercer.