Jean-Claude Juncker au Soir: «Je note dans un carnet noir ceux qui m’ont trahi»

Jean-Claude Juncker a reçu Le Soir durant deux heures dans son bureau, qui est comme sa deuxième maison. Amour de la politique, amour de l’Europe mais surtout amour des gens : c’est le plaidoyer du président de la Commission, qui répond aux critiques sur l’échec de sa « Commission politique » et aux rumeurs sur sa santé, ses embrassades et la boisson.

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Il y a des choses dont vous êtes moins fier politiquement ?

J’ai fait beaucoup d’erreurs de parcours mais je n’ai jamais fait, je veux le croire, des sottises parce que je me serais éloigné de l’essentiel, ou que j’aurais versé dans la simplification outrancière.

C’est quoi l’essentiel ?

L’essentiel, c’est les autres. Vous ne pouvez pas comme on dit vulgairement, faire de la politique si vous n’aimez pas les autres. Il y a beaucoup d’hommes politiques qui n’aiment pas les autres, voire parfois même les détestent.

C’est très chrétien ?

Je ne sais pas si c’est chrétien mais c’est moi. J’aime les autres et je veux aimer les autres. Je me suis toujours interdit au cours de ma vie politique, bien que j’ai eu à subir des attaques dégoûtantes parfois, comme pour l’instant d’ailleurs, de haïr les autres, comme je ne veux pas être haï par eux, même si cela arrive de temps à autre (il rit).

Pourtant on vous dit très rancunier ?

C’est vrai. J’ai un petit livre noir qui s’appelle « Le Petit Maurice » où je note depuis trente ans chaque fois que quelqu’un me trompe. C’est peu rempli, car on me trompe très rarement. Donc je ne suis pas rancunier, mais j’ai une bonne mémoire.

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