Qui était Ramzi, l’adolescent belge dont le décès a déclenché la furie raciste?

C’est la question qui n’intéresse pas les racistes de tous poils. C’est aussi la question que certains devraient se poser avant de profaner la mémoire d’un défunt : qui était-il ? Qui était Ramzi Mohammad Kaddouri ?

L’annonce de la mort de ce garçon a déclenché la furie raciste de centaines d’internautes. Incapables d’admettre qu’un garçon à la peau basanée, qui s’appelait Ramzi, pouvait aussi être belge. Et un Flamand. Mieux : un garçon impliqué dans la vie de son quartier.

Ramzi, 15 ans, est décédé samedi, après quelques jours de coma consécutifs à un accident de quad. Il était en vacances au Maroc, le pays d’origine de sa famille. Sa famille qui a rapidement pris l’avion dès l’annonce de l’accident, dont les circonstances sont toujours troubles. C’était en milieu de semaine dernière mais, finalement, l’adolescent ne s’est pas relevé de ses blessures. On l’a enterré au Maroc mardi. Loin du tumulte politique belge, provoqué par les réactions racistes à son décès.

L’aîné des enfants de la famille Kaddouri est aujourd’hui pleuré par trois petits frères et une petite sœur.

Ramzi Mohammad Kaddouri habitait le quartier de Winterslag dans le Limburg, à Genk. Un lieu au passé minier. Une localité populaire. Ramzi était bien connu et aimé dans son quartier. Il était inscrit à l’Institut technique Sint-Lodewijk. Un garçon sans histoire. Un bon gars, même.

« Du bambin à l’enfant, de l’enfant à l’adolescent, d’ado à jeune homme et, depuis peu, bénévole… Nous avons partagé beaucoup de rires et de plaisirs, petits ou grands. » L’hommage est signé par l’association dont était membre Ramzi. Comme l’explique Gigos, un mouvement de jeunesse local, Ramzi avait tout connu avec eux. « Tu es parti trop vite », conclut le post Facebook, accompagné d’une photo de lui enfant.

Au sein de cette association, Ramzi est décrit comme serviable et attentionné. Un animateur de quartier, interrogé par le Nieuwsblad, Eddy Wintmolders, parle de Ramzi en termes élogieux : « Il avait beaucoup de talent », dit-il. « Dans le quartier multiculturel de Winterslag, il a joué un rôle important. Peut-être pas comme meneur, mais comme un exemple. C’était aussi un footballeur talentueux. Ramzi était juste un garçon doux qui est parti trop tôt. Nous sommes tous très désolés. »

Sur Facebook, les messages d’hommages, de proches ou moins proches, se comptent par centaines. Ils évoquent peu les débordements racistes qui ont suivi son décès. Polémique et deuil ne font pas bon ménage. On partage juste le souvenir d’un « ami », ou d’un « frère », fauché au seuil de sa jeunesse. L’une de ses proches, Badia (née en 1994), est éplorée devant la perte de celui qu’elle appelle « son petit frère » : « Quel gars génial. Toujours le sourire au visage. Toujours aidant et respectueux. Un garçon avec le cœur au bon endroit. Un garçon que je n’oublierai jamais. Un gars avec qui je passerai des heures à rire. » « Il a accompli beaucoup de travaux bénévoles pour les enfants, pour les gens en général », ajoute un proche de la famille.

De ce qu’on sait de lui, un quartier du Limbourg a perdu samedi dernier un jeune dynamique, souriant et engagé. Et la Flandre. Et la Belgique avec.