Les pièces de théâtre à aller voir cette semaine

Bruno Coppens est loverbooké

Jusqu’au 31 décembre au Théâtre Le Public (Saint-Josse-ten-Noode)

Dans ce seul en scène speedé, Bruno Coppens se mue en homo sapiens – ô mot sapiens – léguant son corps à la séance pour scruter notre « planète en phase terre minable ». Le lien entre les thématiques est alambiqué (les mains baladeuses, l’addiction au téléphone, l’évolution de l’homme) mais ses calembours nous font tourner les méninges à cent à l’heure et son jeu est hyper vitaminé. (C.Ma.)

Cold blood

Jusqu’au 23 décembre au Théâtre National (Bruxelles)

Après l’énorme succès de Kiss & Cry , l’équipe emmenée par la chorégraphe Michèle Anne De Mey, le cinéaste Jaco Van Dormael et l’écrivain Thomas Gunzig a poursuivi sa belle aventure. Si Kiss & Cry parlait des débuts, Cold Blood évoque la fin. Le premier comportait une narration linéaire, le second est une succession d’histoires, d’images, de sons, composant un gigantesque kaléidoscope. Et à l’arrivée, une formidable réussite dont tous les éléments (danse, texte, musique, cinéma, scénographie…) contribuent à créer un univers débordant d’humour, de poésie et d’imagination. (J.-M.W.)

Délestage

Jusqu’au 23 décembre au Théâtre de Poche (Bruxelles)

C’est l’histoire d’un homme élevé au pays des coupures d’électricité et qui, pourtant, décharge sur scène une énergie à mille volts. Avec une présence magnétique, l’auteur et comédien David-Minor Ilunga nous fait voyager entre Bruxelles et Kinshasa pour diagnostiquer nos courts-circuits, d’un côté comme de l’autre, abordant, en vrac, les migrants, la pauvreté ou le viol comme arme de guerre. (C.Ma.)

Du côté de chez l’autre

Jusqu’au 31 décembre au Centre culturel d’Uccle

Daniel Hanssens nous a concocté une comédie bien givrée pour accompagner la bûche glacée. Bob Philips a une liaison avec Fiona Foster, l’épouse de son boss. Pour couvrir leurs ébats, ils vont entraîner dans leur mensonge un troisième couple. Pour corser le tout, le décor coagule les meubles les uns chez les autres en un salon hybride. Avec une troupe au diapason, cette pièce d’Alan Ayckbourn nous fait passer une soirée diablement drôle. (C.Ma.)

Eddy Merckx a marché sur la lune

Jusqu’au 16 décembre aux Tanneurs (Bruxelles)

Jean-Marie Piemme livre un vagabondage narratif prenant racine en 1969, au moment où Eddy Merckx remporte son premier Tour de France et Neil Armstrong met le pied sur la lune. Armel Roussel s’empare de ce texte buissonnier, sur fond de nostalgie et d’utopie, pour propulser ses comédiens dans une mise en scène ludique, candide. Superficiel mais plein de fraîcheur. (C.Ma.)

Fight night

Les 13 et 14 décembre à la Maison de la culture de Tournai

Au cours de ce jeu, vous en apprendrez plus que vous ne pensez sur vous-mêmes : qu’est-ce qui influence votre vote ? Êtes-vous prompts à juger ou tolérer ? Êtes-vous de nature idéaliste ou plutôt révolutionnaire ? Au fil d’un spectacle participatif et jusqu’au-boutiste, vous testerez non seulement l’animal politique qui est en vous mais aussi et surtout la réalité de notre monde dit démocratique. A la première, la salle était tout à fait conquise. Mais la majorité a-t-elle toujours raison ? (C.Ma.)

Germinal

Les 15 et 16 décembre aux Ecuries (Charleroi)

Halory Goerger et Antoine Defoort creusent dans des mines inépuisables d’humour pour interroger la création, celle de l’Homme et celle, en filigrane, de l’art. Prétentieuse ambition, dites-vous ? Sauf que, sous ce synopsis pompeux, se profile un théâtre qui se moque de lui-même, qui raille toute vanité artistique pour se revendiquer d’un style faussement naïf et d’une autodérision irrésistible. (C.Ma.)

Hyperlaxe

Le 16 décembre au Théâtre Marni (Ixelles)

Elu meilleur spectacle de cirque par les prix de la Critique et bientôt programmé au Marni par Pierre de Lune, Hyperlaxe est une performance extraordinaire non pas par ses exploits physiques, mais par l’aventure humaine hors du commun qu’elle nous donne à vivre. Un moment où l’on ose le silence, la fragilité et la tendresse, ce qui, à l’heure actuelle, est déjà beaucoup. (C.Ma.)

In spite of wishing and wanting

Jusqu’au 16 décembre au KVS (Bruxelles)

Créé en 1999 sur la musique originale de David Byrne, In Spite … est une histoire de désir et de volonté, de rêve et de sommeil agité. Travaillant uniquement avec des interprètes masculins, Wim Vandekeybus y révèle une douceur inattendue à côté de ces moments d’énergie pure qui sont son image de marque. On y retrouve les couleurs de l’enfance jamais oubliée avec ses rêves impossibles, ses envies de liberté, ses pièges cachés au fond d’un oreiller, ses éclats de rire, ses moments de complicité, sa violence qui explose sans crier gare. (J.-M.W.)

La convivialité

Le 15 décembre à Waterloo, le 19 décembre à La Louvière

Et si l’orthographe n’était qu’un outil de discrimination sociale ? Deux profs – Arnaud Hoedt et Jérôme Piron – partent en croisade contre un dogme qui a des effets bien plus politiques que syntaxiques sur notre société. Avec beaucoup d’humour, ils retracent l’histoire des absurdités de la langue française et questionnent l’entreprise de sacralisation qui étouffe tout débat. (C.Ma.)

L’affaire de la rue de Lourcine

Jusqu’au 16 décembre au Théâtre des Martyrs (Bruxelles)

Lenglumé se réveille avec une gueule de bois et trouve dans son lit un homme dans le même état, Mistingue. Leurs souvenirs de la veille sont vagues et, à la lecture d’un article sur le meurtre d’une jeune charbonnière, retrouvée dans la rue de Lourcine, craignent soudain d’en être les meurtriers. Drôle d’objet que ce Labiche mis en scène par Thibaut Wenger dans un mélange de comédie lourdingue et de fantasme cauchemardesque. (C.Ma.)

La musica deuxième

Le 19 décembre à Bozar (Bruxelles)

Un homme et une femme se retrouvent à la veille du prononcé de leur divorce. S’emparant du texte de Marguerite Duras, Guillemette Laurent en livre une version magnifique, dépouillée, pleine d’humour et d’émotion, faisant entendre comme jamais toutes les nuances de la langue de Duras. Le tout servi par deux formidables acteurs, Catherine Salée et Yoann Blanc, se retrouvant sur les planches après avoir partagé l’expérience de La trêve en télévision. (J.-M. W.)

Le Noël de Monsieur Scrooge

Jusqu’au 17 décembre et le 31 décembre au Théâtre royal du Parc (Bruxelles)

C’est tout simplement la pièce parfaite pour se mettre dans l’ambiance de Noël. La mise en scène de Patrice Mincke transforme ce conte de Charles Dickens en une tendre et ludique parabole sur la solidarité. Comme toujours au Théâtre de Parc, le décor se déplie en mille miraculeuses métamorphoses pour nous faire voyager dans les rues de Londres au XIXe siècle ou dans les airs, à bord du traîneau du Père Noël. Guy Pion y est un M. Scrooge d’enfer ! (C.Ma.)

L’entrée du Christ à Bruxelles

Du 14 au 20 décembre au Théâtre de Namur

Et si le Christ choisissait Bruxelles pour revenir sur terre ? Georges Lini adapte le roman de Dimitri Verhulst dans un portrait au vitriol de notre petit pays plein de contradictions. Ebouriffant solo d’Eric De Staercke, Manneken pis paré d’une couronne d’épines. Avec cette nonchalance échevelée, son aplomb terre à terre, le comédien incarne notre Belgique surréaliste, improbable assemblage qui tient encore par on ne sait quel miracle. (C.Ma.)

Les faux British

Jusqu’au 31 décembre au Public (Saint-Josse-ten-Noode)

Dans un manoir anglais gît un homme assassiné. Tout annonce une énigme policière façon Agatha Christie sauf que la pièce bifurque vers une parodie où les catastrophes techniques s’entrechoquent. Les uns oublient leur texte, les autres sont assommés par le décor. Les accessoires s’égarent et le régisseur emmêle les bandes-son. Bref tout foire allégrement, à un rythme pétaradant, au fil de gags exploités jusqu’à la corde. (C.Ma.)

Le vent souffle sur Erzebeth

Du 19 au 23 décembre au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve)

Céline Delbecq, l’une de nos meilleurs jeunes autrices, a écrit et mis en scène cette histoire fascinante de folie, de sang, de tempête, osmose terrifiante entre la nature déchaînée et la fragilité d’une jeune femme au sein d’un village rude qui la juge sorcière. Pas de réalisme, mais une scénographie abstraite, une forme épique, avec masques et narrateur, un lyrisme âpre, soutenu par un chœur chorégraphié et chantant, des musiciens en fanfare et quatre comédiens formidables dont Charlotte Villalonga lumineuse et douloureuse. (M.F.)

Rain

Les 15 et 16 décembre au Théâtre de Namur

Si vous n’avez pas encore eu le bonheur de voir Rain, par la compagnie Rosas, c’est le moment où jamais de vous y précipiter. Cette chorégraphie magique d’Anne Teresa De Keersmaeker est un véritable régal. Voici en effet, sur la musique éblouissante de Steve Reich, une chorégraphie tout en grâce et en sinuosité. De quoi vous donner ce petit supplément d’énergie et de bonheur qui vous permettra de passer les fêtes d’un cœur léger. (J.-M.W.)

Só20

Jusqu’au 21 décembre au Théâtre Varia (Ixelles)

Avec humour et simplicité, le chorégraphe et danseur Claudio Bernardo revisite son parcours à travers vidéo, photos, récits, installation visuelle et superbes moments dansés. Une plongée dans l’histoire de la danse des trente dernières années mais aussi et surtout dans le parcours d’un homme et de ses multiples expériences. (J.-M.W.)

The Wild Party

Jusqu’au 14 décembre au Boson (Ixelles)

Adaptée de Joseph Moncure March, cette pièce musicale exsude une fièvre contagieuse qui vous fait frétiller les pieds autant que les oreilles. Jugé obscène et censuré à sa sortie en 1926, le texte nous emmène dans le New York des années folles, dans un bar où Queeny la blonde allume les hommes à tour de bras. Benoît Verhaert – somptueusement accompagné de musiciens jazz – improvise, joue avec le public et chauffe diablement la salle. (C.Ma.)

Un tailleur pour dames

Ce 13 décembre au Manège (Mons), du 20 au 22 décembre au Théâtre de Namur

Avec une idée de génie dans la scénographie, Georges Lini renverse complètement (et littéralement) les ressorts de ce vaudeville, transformant la mécanique comique de Feydeau en une mécanique de jeu sportivement retorse. Attention, spectacle ébouriffant ! Tous formidables, les comédiens finissent en apothéose dans une gymnastique acrobatique des plus étonnantes. Feydeau ne nous avait plus fait pouffer ainsi depuis longtemps ! (C.Ma.)

Jeune public

Boris et les sœurs Sushis

Ce 13 décembre au Centre culturel de Namur

Une fable explosive sur les talons d’un ogre qui va découvrir l’école et se lier d’amitié avec deux sœurs à la fibre artistique chevillée au corps. Il y sera question aussi d’une maman complètement dépassée et d’un loup solitaire, gourmand mais pas téméraire. C’est bien simple, on y rit du début à la fin. (C.Ma.)

Comme la pluie

Le 16 décembre au Théâtre de Namur

Le Foule Théâtre n’y fait pas de grands discours mais raconte un plaisir tout simple : le dessin. En joignant le geste à la parole puisque, une heure durant, Philippe Léonard dessine une fresque en direct tout en retraçant son parcours. Et en partageant ses impressions. Il y a chez lui une douceur enveloppante. Hypnotisé par les coups de crayon à l’œuvre, on se love dans ses digressions narratives et picturales. On ressort tout simplement avec l’envie féroce de saisir un crayon, une feuille et de laisser courir son inspiration. Dès 8 ans. (C.Ma.)

La guerre des buissons

Le 16 décembre à Mont-Saint-Guibert, du 18 au 28 décembre à l’Atelier 210 (Etterbeek)

Il fallait le faire ! Raconter une histoire de guerre et d’exil en faisant sourire les enfants dès 7 ans, c’est le pari réussi haut la main de ce spectacle acclamé aux dernières Rencontres de Huy. Le Théâtre des 4 Mains nous emmène sur les talons d’une petite fille, Toda, obligée de fuir sa famille et son pays pour se mettre à l’abri d’un conflit absurde. On y croise des marionnettes à taille humaine et d’autres de la taille d’un pouce. On voyage en bus ou on se perd dans la forêt grâce à des castelets mobiles. On traverse des villes ravagées et d’autres, pleines de promesses, par des décors roulants, qui s’illuminent aux fenêtres. On s’émerveille d’un ciel étoilé qui clignote ou on frissonne dans les brumes d’une clope au bec d’un passeur terrifiant. (C.Ma.)

La princesse au petit pois

Le 17 décembre à Rebecq

La pièce empile autant de sujets que de matelas réquisitionnés pour piéger cette princesse au petit pois. Passé à la moulinette d’une mise en scène inventive, le conte vire au stoemp de pois cassé, les stéréotypes des contes de fées passant au joyeux cuiseur vapeur de quatre comédiens pétaradants. Arrêts sur images, simulation de cavalcades, bruitages, accessoires improbables : pas une seconde de temps mort ne ralentit cette fable acrobatique dans l’âme. (C.Ma.)

Shoes

Le 16 décembre à Verlaine, le 17 décembre à Fleurus

Sandalettes d’enfant, vieilles godasses qui puent, bottes de caporal ou de jardinier, les chaussures deviennent d’improbables marionnettes. Les tableaux sont espiègles, mêlant numéro de claquettes, concours de lacets et semelles rebelles. Ludique et coloré. Dès 3 ans. (C.Ma.)

Sur la corde raide

Le 20 décembre à Wanze

Arts et Couleurs a encore fait fort avec son théâtre d’objets pour raconter les vacances d’Esmé chez Papy Stan. L’histoire galope avec une grandiose fantaisie. D’improbables objets sont détournés pour convoquer le roulis de la mer, le tic-tac de l’horloge, et même le cirque et son homme-canon. Et l’on finit de fondre quand défile, sur un fil, cette poupée funambule, allusion d’une infinie douceur à la mamy disparue. A cette vie qui surprend quand nous aurions tant voulu que les choses restent toujours pareilles. Dès 6 ans. (C.Ma.)

Woesj

Ce 13 novembre à Ninove, le 17 décembre à Welkenraedt

Tout est inattendu dans ce récital aussi visuel que musical. On aime la fantaisie des Flamands de 4 Haut Théâtre. Les petits aussi. Même Ulysse aurait succombé à ces sirènes enchanteresses. Dès 3 ans. (C.Ma.)