Polémique sur le burkini: la N-VA prône une interdiction générale

Le débat autour du burkini a dépassé les frontières françaises et s’est invité dans l’arène politique belge. Du côté de la N-VA, on prône une interdiction générale de la tenue.

« Il faut absolument éviter que des femmes se promènent en burkini en Flandre. Ni dans les piscines, ni sur les plages. Je ne pense pas que les femmes veulent, au nom de la foi, se balader avec une telle horreur sur la plage. Si vous le permettez, vous mettez les femmes au ban de la société », défend la députée Nadia Sminate, membre de la Commission radicalisme au Parlement flamand, comme le rapportent les médias flamands.

La tête du parti nationaliste réfléchit avec elle à une interdiction générale. Le service d’étude de la N-VA s’assure pour l’instant d’examiner si cette interdiction tiendrait la route juridiquement, faute de quoi il reviendrait aux bourgmestres d’intervenir.

Pour le CD&V, l’interdiction est envisageable dans les piscines pour des questions d’hygiène. « Le bourgmestre décide au mieux, mais on ne peut pas tout résoudre avec une interdiction. Ou alors vous obtenez un Etat policier », défend le député fédéral Franky Demon.

20 signalements en Flandre

Depuis le début de la polémique en France, l’Unia (l’ancien Centre pour l’égalité des chances) se garde d’une position claire. « Nous n’avons pas tranché la question du caractère discriminatoire de cette interdiction », nous explique Patrick Charlier, directeur d’Unia.

En 2015, le Centre a pourtant recueilli 20 signalements de personnes qui n’ont pas pu entrer dans une piscine en raison de leur tenue. Tous concernaient des piscines publiques flamandes qui interdisent également le burkini. Aucune plainte n’a été déposée du côté francophone, que ce soit à Bruxelles ou en Wallonie.

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