Une épicerie par et pour les locaux

Difficile de ne pas être alléché, une fois passée la porte et que l’odeur des tomates fraîchement cueillies pique les narines. Il est midi et la petite épicerie locale de Néthen à Grez-Doiceau, petite bourgade d’un petit millier d’âmes, ouvre ses portes. Ici, on n’achète que local, et le plus souvent bio. L’épicerie fonctionne selon un mode coopératif : « Pour l’instant, on dispose d’une petite vingtaine de producteurs coopérateurs. En tout, nous sommes une bonne soixantaine de coopérateurs », explique Eric Luyckx, un des membres du comité d’administration de l’épicerie.

En pratique, chaque client peut devenir coopérateur. En échange de deux heures de bénévolat mensuelles, les clients bénéficient d’une réduction de 10 % sur sa facture finale. Les producteurs, eux bénéficient d’une majoration de dix pourcents sur leurs ventes. « Mais pas besoin d’être coopérateur pour venir faire des achats ici, on accepte tout le monde ».

Un lien pour la communauté

Pendant des années, le seul commerce ouvert du village -hormis quelques cafés- était un distributeur de pains d’une boulangerie alentours. « Une petite épicerie manquait cruellement. Ne serait-ce que pour le lien social que cela développe dans la communauté », explique Eric Luyckx. En effet, si les clients ne se pressaient pas ce mercredi peu après midi, vers 14h la petite supérette déborde de vie. Derrière la caisse, Julie, en formation s’active grâce aux conseils de sa maman Ghislaine. Pendant que José accueille des acheteurs. Pour l’instant, ces derniers sont essentiellement des coopérateurs et donc des bénévoles. On se connaît, se fait la bise et on papote un peu avant de s’inscrire en tant que bénévole pour la prochaine ouverture. Pourtant, Eric l’assure, le magasin n’est pas un repère de « bobos ». « Pour l’instant, on observe une belle dynamique entre les néo-ruraux et les locaux. La fréquentation du magasin varie pas mal à chaque ouverture, mais nous sommes déjà à la moitié de nos objectifs alors que nous n’avons ouvert qu’en juillet dernier ».

Les flux tendus difficiles à gérer

Par ailleurs la jeunesse du magasin est aussi l’occasion de régler quelques détails. Comme la gestion des flux. « Les produits frais sont plus difficiles à gérer. A chaque fois il faut évaluer ce qui se vendra pour ne pas rester avec des invendus sur les bras ». Le magasin ne dispose en effet que d’un petit frigo dans lequel, éventuellement stocker quelques carottes ou tomates en vue de la prochaine ouverture mais la place reste limitée.« S’il nous reste quelques produits, un peu moins frais, on les brade à -30 % et, de toute façon, cela reste plus frais que ce que l’on peut trouver en grande surface ».

Pour l’heure, on trouve essentiellement des légumes dans la supérette. Des courgettes, des haricots, patates salades et autres tomates. Mais aussi des produits non frais comme des biscuits, des chips ou encore des bières. Pour les produits « exotiques », il est plus difficile de se fournir localement. La coopérative est donc obligée de passer par un fournisseur. « Nous passons alors par Biosphère, un magasin bio de la région et nous sommes en train de réfléchir à un système qui pourrait nous permettre de rencontrer les producteurs pour garantir les filières les plus courtes possibles ».

Un tissu associatif dense

En revanche, en raison de l’absence de frigos, impossible pour le moment de vendre de la viande. Même si les organisateurs y réfléchissent, cela ne fait pas partie de leurs priorités.

Et la nouvelle épicerie n’est pas la seule initiative dans la petite localité. Celle-ci fait en effet partie d’un maillage plus large. « C’est l’ASBL Grez en transition qui est au départ de l’initiative. Auparavant, elle avait permis la mise sur pieds du Grand Restaurant du village ainsi qu’une boulangerie. Aujourd’hui les trois commerces se renforcent les uns les autres en proposant les produits de leurs partenaires ».

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