Une mission économique wallonne en Turquie fait polémique

La mission « était prévue de longue date », se justifie l’Awex, l’Agence wallonne pour le développement économique. Cela n’empêche pas les contempteurs de regretter l’organisation, en novembre prochain, d’une mission en Turquie dans les secteurs du multimédia et du cinéma. Un pays, rappelons-le, en pleine purge organisée par le pouvoir en réplique au putsch manqué cet été.

« Comment osez-vous, interroge sur une page Facebook de l’agence Ricardo Gutiérrez, secrétaire général de la Fédération européenne des journalistes ? Avec 80 journalistes emprisonnés au cours des dernières semaines et des dizaines de médias indépendants fermés par le régime. »

« Le peuple a besoin de se distraire »

Loin de faire marche arrière, l’Awex assume. « Si des médias liés au mouvement gülenistes sont fermés, cela ne signifie aucunement que la toute grosse majorité des médias, la production TV, de séries et de formats s’arrête pour autant. Le gouvernement continue à supporter toute activité médiatique qui ne lui est pas directement « hostile », explique l’attaché économique et commercial de l’Awex en Turquie, Éric Blétard. En période de tension sociale et politique, le peuple a particulièrement besoin de se distraire », ajoute-t-il.

« Justification odieuse »

L’Awex précise aussi que sa mission était prévue de longue date et que son éventuelle annulation « n’est pas de son ressort » : « Nous sommes une agence de commerce extérieur. Sauf indication contraire de la part du Parlement, nous maintenons les relations diplomatiques et économiques ».

Des réponses qui ne satisfont pas du tout Ricardo Gutiérrez. Il fustige une « initiative scandaleuse et surtout une odieuse justification ». « La Fédération européenne des journalistes, principale organisation représentative de la profession, demande au Parlement wallon et au Parlement bruxellois de se saisir du dossier et de recadrer cette mission, voire de l’annuler », écrit M. Gutiérrez.