Louvain-la-Neuve: l’Escalpade ouvre son centre de jour

Obstination, quand tu nous tiens… En imaginant, en 1997, ouvrir une école pour leurs enfants atteints de déficiences physiques, plusieurs parents de l’Escalpade imaginaient déjà un futur avec un centre de jour pour leurs enfants devenus adultes. Après une école primaire à Louvain-la-Neuve, avec 60 enfants, puis une école secondaire à Limal, avec 60 autres jeunes, les voilà, près de vingt ans plus tard, au bout de leur long chemin. Encore quelques coups de peinture et de rangement et leur centre ouvrira ses portes ce lundi 5 septembre.

« Cela fait quatre ans qu’on en discute plus précisément, nous explique Florence Manique, 28 ans, une ancienne institutrice de l’Escalpade qui a souhaité reprendre la direction de ce centre de jour. Un beau défi réalisé avec l’aide des parents et de nombreux bénévoles. Déjà pour trouver le financement puis la réalisation de ce nouveau bâtiment qui pourra, à terme, accueillir une trentaine de participants, comme on dit chez nous. Ce sera notre prochain défi. »

Deux millions d’euros auront été nécessaires pour financer le centre, dont la moitié payée par la Fondation Roger de Spoelberch, avec le soutien de l’opération Cap 48, de la Province du Brabant wallon et de l’UCL. En plus de la directrice, trois éducatrices s’occuperont des douze premiers adultes déficients physiques qui seront accueillis cette année. Il s’agit à la fois d’anciens élèves de l’école, de personnes de grande dépendance vivant encore chez leurs parents ou venant d’autres institutions.

Ce centre a été aménagé dans le prolongement de l’école primaire, à proximité du lac de Louvain-la-Neuve. Il a évidemment été conçu pour répondre aux besoins spécifiques des personnes à mobilité réduite, avec deux étages, ascenseur, et plusieurs locaux destinés aux ateliers. Sans oublier une salle pour la kiné, un bureau administratif, une salle polyvalente et une terrasse sécurisée.

« Nos participants n’ont pas la chance de pouvoir être intégrés dans des milieux de travail adapté, poursuit la directrice. Ils n’ont pas non plus la chance ou la nécessité d’avoir une solution d’accueil dans un centre résidentiel. Notre projet vise à les intégrer dans un projet communautaire qui vise leur épanouissement personnel. »

Pour 30 euros par jour, une somme importante vu l’absence de subside de l’Aviq (Agence pour une vie de qualité) – qui pratique depuis dix ans un moratoire sur l’ouverture de nouvelles places mais qui les contrôle, par ailleurs –, les participants prendront par à des activités cuisine (courses, potager…), artistiques (création de cadeaux ou de cartes, visites de musées, cyclo-danse…), informatiques (recherches internet, blog…) ou encore de bien-être (pédicure, massage…).

« Notre intention est de travailler avec le milieu associatif local, insiste Florence Manique. Nous irons sur le marché, au musée. Nous irons vers les kots à projets qui s’occupent des personnes handicapées. Nous irons à la piscine, faire du shopping, pratiquer de l’hippothérapie… Et notre centre de jour dispose également d’un salon qui favorisera les rencontres et la détente avec des bénévoles (voir ci-dessus). »

Et pour faire vivre le tout et s’agrandir encore, l’ASBL Escalpade maintiendra ses opérations, comme les briques en chocolat ou les stages d’été, afin de permettre aux élèves et aux participants de ne penser qu’à leur épanouissement personnel.