Marine Le Pen lance sa campagne présidentielle et tacle Nicolas Sarkozy

Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle, a lancé samedi sa campagne depuis Brachay (Haute-Marne) en se présentant en « femme libre » face aux compromissions supposées de ses adversaires, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy.

« Je suis libre par rapport à l'argent du Qatar (...) des banques et des multinationales, par rapport à l'UE ou l'Allemagne qui la domine (...) par rapport aux médias (...) par rapport au bilan de cette classe politique (...) par rapport aux ambitions des uns et des autres », a lancé Mme Le Pen devant ses partisans qui ont entrecoupé son discours de près de 45 minutes de « Marine présidente ! ».

Le FN a indiqué que 3.500 personnes étaient présentes à Brachay, plusieurs journalistes sur place évaluant eux l'assistance à environ 800 personnes.

Sarkozy « se voudrait champion médiatique de la lutte contre l’islam radical »

L'eurodéputée s'est dressée en contre-modèle de Nicolas Sarkozy, le seul attaqué nommément, « qui se voudrait le champion médiatique de la lutte contre l'islamisme radical » mais qu'elle a accusé d'avoir, début août, fait « allégeance au promoteur mondial du wahhabisme », le roi Salmane d'Arabie saoudite.

Faisant sa rentrée, comme depuis 2014, sur la place centrale de ce petit village acquis au FN (23 voix pour Florian Philippot sur 29 au premier tour des régionales), la dirigeante d'extrême droite a opposé la « France des oubliés » -son slogan depuis 2012- à la « foire aux rustines » et aux « chicaneries politiques » parisiennes, notamment à droite avec la « primaire qui porte bien son nom ». Elle a annoncé un nouveau « collectif » sur la ruralité.

Elle s’est peu étendue sur son programme

Elle ne s'est pourtant guère étendue sur son programme futur, qui sera égrené jusqu'à mai 2017, réaffirmant toutefois vouloir organiser un référendum sur la sortie de l'UE si elle était élue, sans mentionner la négociation préalable avec Bruxelles qu'elle évoque parfois.

Revenant sur la polémique de l'été sur le burkini, vêtement de bain couvrant tout le corps et la tête revêtu par certaines femmes musulmanes contre lequel certains maires ont pris des arrêtés d'interdiction et que le FN comme une large partie de la droite souhaite interdire, elle a affirmé que « la femme est l'égale de l'homme, en tous points, partout, elle a le même droit à la liberté, au respect, à la même faculté de profiter du mode de vie français, à la plage, comme à l'école, dans la rue comme dans l'entreprise ».

« Nous sommes cohérents »

L'eurodéputée a revendiqué un temps d'avance sur ses adversaires sur "l'immigration de masse" qui se transformerait en "submersion", le « fondamentalisme islamiste, nouveau totalitarisme du XXIe siècle », les « frontières », « la mondialisation sauvage », le « made in France », etc.

« Sur tous ces sujets, ils ont changé dix fois de position, nous nous sommes cohérents, pugnaces, courageux », s'est félicitée Mme Le Pen.