Bahamas Leaks: l’ex-commissaire européenne Neelie Kroes a caché une société offshore

Y’a pas photo : la grande (et unique) vedette internationale de ce Bahamas Leaks, c’est Neelie Kroes. Les documents obtenus par nos confrères du Süddeutsche Zeitung révèlent en effet que l’ex vice-Présidente de la Commission européenne a été administratrice d’une société offshore logée aux Bahamas du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009. S’il n’est en soi pas illégal de gérer une société de ce genre (tout dépend de l’usage qu’on en fait), Neelie Kroes a tout de même violé un point du règlement de la Commission.

Les règles européennes imposent en effet aux commissaires de déclarer tous les rôles de dirigeant, administrateur, superviseur ou conseil qu’ils ont occupé au cours des dix dernières années. Or, dans les déclarations d’intérêts de Neelie Kroes, il n’est aucunement fait mention du rôle d’administratrice dans Mint Holdings Ltd, la société bahaméenne en question.

Un peu plus d’exotisme

Au-delà des Caraïbes, cette affaire a aussi un petit parfum d’Orient. Parmi les autres administrateurs de Mint Holdings, on retrouve l’homme d’affaires jordanien Amin Badr-El-Din. Contrairement à Neelie Kroes, Badr-El-Din occupait toujours cette fonction dans la société en juillet 2015, selon les documents en notre possession. Mint Holdings est d’ailleurs toujours une société active à l’heure actuelle.

Neelie Kroes rencontre pour la première fois Badr-El-Din en 1994. Les Emirats veulent acheter six frégates à un constructeur néerlandais. C’est Kroes qui négocie le deal pour nos voisins. Et Badr-El-Din pour sa société. Sauf que ce deal n’aboutira jamais (« l’affaire des frégates » a fait couler beaucoup d’encre à l’époque, aux Pays-Bas).

Mais, malgré tout, Kroes et l’homme d’affaires jordanien vont rester proches. En juin 1994, elle le fera par exemple rentrer dans le « conseil d’administration international » de l’université de Nyenrode, dont elle est la présidente.

Par la voix de son avocat, Neelie Kroes plaide la « bonne foi » et déplore une « erreur administrative ».