La Wallonie et Bruxelles peuvent sortir gagnants avec le Ceta

Le Ceta est plus pertinent que jamais. Ce n’est pas par hasard que l’Accord de libre-échange avec le Canada doit être bientôt ratifié par l’Europe. Le gouvernement flamand a donné son feu vert la semaine dernière, la Wallonie et Bruxelles veulent quitter le navire. La position est incompréhensible, car sans leur approbation, l’Europe ne pourra pas approuver le Ceta. Les deux Régions craignent des dommages graves pour leur économie. Au contraire, le but principal du Ceta est de rendre le commerce avec le Canada plus facile et surtout moins cher. En Wallonie, cela créera des opportunités, en particulier dans l’agriculture, la transformation des aliments, des produits chimiques et pharmaceutiques.

La Wallonie emploie plus de 20.000 personnes dans le secteur agroalimentaire. Cela représente environ 17% de l’emploi industriel total. Le secteur a beaucoup investi durant les dernières années. Ainsi, en 2015, les investissements ont augmenté de 20% pour un total de 361,6 millions d’euros. Avec l’approbation du Ceta, le Canada est prêt à supprimer 90,9% des tarifs agricoles. Pour les produits agricoles transformés, le Canada est prêt à aller très loin dans la libéralisation du secteur. Le secteur alimentaire peut également profiter de cette occasion pour exploiter de nouveaux marchés canadiens, ce qui pourra créer des emplois supplémentaires et stimuler la croissance économique.

Les industries chimiques et pharmaceutiques pourront également bénéficier d’opportunités importantes. Le secteur emploie plus de 26.000 personnes, ce qui représente 22% de l’emploi industriel wallon. L’industrie pharmaceutique a connu ces dernières années une forte croissance, en particulier en termes de développement de médicaments et de vaccins. Ce secteur est le plus dépendant des exportations. Le marché nord-américain en prend une part importante avec 15%. Avec le Ceta, les entreprises innovantes pourront avoir l’opportunité de mieux protéger leurs brevets. Ceci est particulièrement intéressant pour le secteur pharmaceutique, car la Recherche & Développement est la principale force motrice derrière les nombreux investissements.

De son côté, Bruxelles s’oppose au Ceta pour ce qui concerne le travail « indigne ». Bruxelles est la capitale de l’Union européenne. Elle est donc idéalement située pour servir de base à de nombreuses entreprises canadiennes, qui pourraient y implanter leur siège européen. Après tout, notre capitale dispose d’un personnel hautement qualité et multilingue, et le français est une langue officielle du Canada.

Quelles sont les opportunités à saisir pour Bruxelles et la Wallonie avec le Ceta ? Les deux régions espèrent plus d’emplois et d’investissements. Le Ceta peut les leur offrir. Les contre-arguments avancés sont la plupart du temps sans fondement. Comme le fait que le Ceta mettrait en danger la démocratie. Un étrange argument, car ce sont tous les gouvernement élus qui, au sein du Conseil européen, ont donné mandat à la Commission européenne pour conclure cet accord. En outre, une fois l’accord conclu, celui-ci devra être approuvé à la fois par le Conseil européen, mais aussi par le Parlement européen.

Espérons que Bruxelles et la Wallonie reviendront rapidement à la raison. Si elles bloquaient le Ceta, elles bloqueraient également ce pour quoi les deux Régions se battent, et qu’offre le Ceta, à savoir la création de nombreux emplois supplémentaires en Wallonie et à Bruxelles. En période d’incertitude économique où des milliers d’emplois sont perdus, il serait donc irresponsable de la part de nos politiciens de bloquer des chances réelles de croissance économique, et donc de création d’emplois.