Cyréo donne une seconde vie au petit électro

Les grille-pain partent comme des petits pains. A 15 euros l’appareil de marque, soit un tiers du prix du neuf, qui plus est assorti d’une garantie d’un an, on rechigne peu à l’achat d’un toaster de seconde main entièrement remis à neuf et testé de fond en comble par l’équipe de Cyréo.

Cette coopérative gembloutoise à finalité sociale s’est lancée en mai 2015 dans la réparation des petits électros. « On a choisi de développer cette filière car elle est très délaissée en Wallonie, alors qu’elle marche du tonnerre en Flandre », explique Vincianne Gilard, directrice de Cyréo. En effet, alors que dans le nord du pays, plus de 1.000 tonnes de petits électros sont réparés et réutilisés par an, ce chiffre dégringole à six tonnes en Wallonie.

C’est ainsi qu’à l’atelier sis à Gembloux, six personnes en réinsertion professionnelle réparent les machines à café, les robots ménagers et autres fours à micro-onde moribonds pour les revendre en seconde main. Et le succès est au rendez-vous. « Notre production actuelle ne pourrait pas satisfaire plus de demande », note Vincianne Gillard. Autrement dit, tout ce qui est réparé trouve preneur, et rapidement. Et où peut-on dénicher ces trésors ? « Leur vente a lieu à la Ressourcerie namuroise ainsi que lors de ventes éphémères. C’est-à-dire que l’on organise un magasin en un endroit, comme le marché de Noël de Louvain-la-Neuve, et il ne dure que deux ou trois jours », poursuit-elle.

Au second semestre 2015, soit durant les six premiers mois de l’activité, 266 petits électros ont été vendus. Ce chiffre a presque triplé lors du premier semestre 2016 (733 articles vendus). « On s’est fortement amélioré en quelques mois. Désormais, on est tip-top à chacune des étapes du processus. Dès lors, on est plus efficace, on gagne du temps et on répare bien plus d’articles par semaine », assure Vincianne Gillard – 32 % de ce qui entre dans l’atelier sont remis en état, contre 30 % l’an dernier.

« A noter aussi que le prix de vente moyen a augmenté, passant de 15,5 euros en 2015 à environ 20 euros en 2016, et cela tout en respectant notre politique du tiers du prix du neuf. Cela s’explique par le fait que nous vendons moins de gadgets (auparavant, on avait un petit rayon kitch/insolite), et que nous sélectionnons mieux les appareils lors de la collecte. Quand nous nous rendons chez Retrival, un de nos partenaires de collecte, l’équipe a accès à un nombre important de petits électros, mais seule une partie est ramenée à l’atelier », poursuit-elle. Soit 11,4 tonnes de petit électro au premier semestre 2016 contre 7,5 tonnes au second semestre 2015. « Notre ambition était de doubler notre chiffre d’affaires par rapport à 2016 d’ici à 2018. »

L.Th.

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