«Les Nôtres» du Rwanda seront aidés depuis Genval

Des fonds sont récoltés pour couvrir les cotisations de précarisés. L’ASBL entend travailler sans parti pris ethnique ou politique.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

J e n’ai aucune rancœur. Je souhaite juste travailler pour mon pays d’origine qui est aujourd’hui un exemple pour le monde en termes de cohérence sociale, de formation ou encore d’armée. Je me sens aujourd’hui responsable du futur de mon pays pour lequel je souhaite agir de manière ambitieuse. »

Nadia Kabalira n’a pas connu le temps de l’exil de son père, un ancien de la Sabena. En 1973, alors qu’elle n’avait que trois mois, il avait fui avec sa famille comme nombre de Tutsis. Avec sa double nationalité, elle fait aujourd’hui partie, en Belgique, de la plus importante diaspora rwandaise forte de 30.000 personnes. C’est écrire si l’action qu’elle vient d’entreprendre avec son époux, Jean-François Cabay, et quelques amis, est regardée de près dans son pays natal.

Le couple est, en effet, à la base de l’ASBL Abacu Solidarité Rwanda – « Abacu » signifiant « Les Nôtres » – qui s’est donné pour objectif principal d’apporter un soutien au développement du Rwanda, en matière de santé, d’éducation, de lutte contre la pauvreté et d’environnement, sans discrimination sur base ethnique, d’appartenance politique ou religieuse (1).

« Comme il faut bien commencer par une action concrète, nous avons décidé d’axer notre association sur la récolte de fonds nécessaires à la couverture des cotisations annuelles de 3.300 Rwandais précarisés, nous explique Jean-François Cahay. Nous avons besoin de 11.000 euros. Et comme nous sommes reconnus comme organisation non gouvernementale, la déduction fiscale est prévue pour tous dons dès 40 euros. Déjà nous avons organisé un souper dans notre jardin, qui a réuni 120 convives, dont l’ambassadeur du Rwanda en Belgique. »

Indices de santé en hausse

Et de rappeler que c’est dès 1999 qu’a été lancée la Mutuelle de Santé au Rwanda : « Les habitants payaient entre 2,25 euros et 7,87 euros par an pour avoir droit à une couverture de santé, l’État venant en aide pour les précarisés. En 2010, 91 % des habitants étaient ainsi couverts, tandis que les bons indices de santé repartaient à la hausse dans le pays, avec le recul de la mortalité lors des accouchements et des enfants en bas âge. Il a cependant fallu revoir le système car on s’est rendu compte que la Minaloc, le ministre des affaires locales, avait tendance à donner la carte de mutuelle même à ceux qui ne la payaient pas. Juste pour ne pas faire repartir à la hausse les mauvais indices de santé, qu’ils devaient contrôler par ailleurs. »

Depuis, cette mission a été confiée à la « Rwanda Social Security Fund » qui contrôle la récolte des cotisations. Après une baisse du taux de couverture, on en est revenu l’an passé à un taux de 81 % : « Nous expliquerons aux personnes précarisées que notre aide ne se fera qu’une fois, mais que nous interviendrons aussi pour l’acquisition d’une vache, qui va leur permettre d’avoir le revenu nécessaire pour payer ensuite leurs cotisations. »

Pour la suite, Abacu Solidarité Rwanda souhaite aider une école pour sourds à Kigali. Des contacts ont déjà été entrepris par Nadia Kabalira, elle-même malentendante, qui travaille à l’Irsa, à Uccle.

(1) Voir le site www.abacu-rwanda.org.

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