La renaissance du Val Benoît

Dix ans après le départ des derniers étudiants, le site du Val Benoît accueille sa première entreprise. L’ancien campus de l’Université de Liège se transforme en « zoning vertical ». Le bâtiment du Génie civil, fraîchement rénové, vient d’être inauguré.

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Certains regretteront que le site ait quitté le giron de l’Université de Liège. Les amateurs de patrimoine verront plutôt dans sa reconversion un moyen de le sauver. Le Val Benoît entame aujourd’hui une seconde jeunesse : le bâtiment du Génie civil, fraîchement rénové, a été inauguré il y a quelques jours. Le premier pas accompli d’un chantier de longue haleine, dont la Spi n’est pas peu fière…

L’Agence de développement pour la province de Liège a fait le pari de miser sur la rénovation de ce site de 9 hectares cher aux Liégeois, de préserver des bâtiments aux qualités architecturales modernistes reconnues, et de les aménager en « zoning vertical », soit un parc d’activités économiques sur plusieurs étages. « Cette formule permet d’économiser 20 hectares de terrains d’un parc classique, indique Claude Klinkenberg, président de la Spi. Soit l’équivalent de 40 terrains de foot de terre agricole. »

L’idée remonte à 2007. Les dernières générations d’étudiants ingénieurs ont quitté les lieux depuis plusieurs mois pour le Sart-Tilman. La Spi voit dans le Val Benoît la possibilité de ramener en ville des activités économiques ne produisant pas de nuisances en termes de trafic ou de bruit, tout en revalorisant une friche urbaine. C’est que le lieu est séduisant : spacieux, et surtout stratégiquement positionné à deux pas de la gare TGV, de la Meuse et de grands axes routiers, rapidement joignable par les transports en commun.

Une première étape est franchie en 2009, avec l’acquisition par la Spi, soutenue par les autorités wallonnes, du bâtiment du Génie civil au prix de 1,5 million d’euros. De nombreux partenaires se joignent au mouvement, dans le but de revaloriser l’ensemble du site en y aménageant un quartier mixte, combinant habitat, fonctions de services, activités culturelles…

La rénovation du bâtiment du Génie civil est confiée aux bureaux d’architecture Baumans-Deffet et Dirix. A eux de transformer les 15.000 m² de locaux universitaires en espaces dédiés aux entreprises. Ils ont pour mission d’y créer des bureaux, des plateaux bruts modulables et aménageables, des espaces de production légère, des postes de travail à occupation flexible, des salles de conférences et de réunion. « L’idée est que les gens se rencontrent et créent des projets communs, indique Françoise Lejeune, directrice générale de la Spi. Nous proposons un espace entreprises de 1.000 m². Les bureaux y sont aménagés, meublés. 7.300 m² sont proposés casco, soit à l’état de gros œuvre fermé. Les salles de réunion et les espaces communs se développent sur 500 m². » Une entreprise, Smartnodes, a déjà intégré ses locaux. Mais la Spi l’assure : d’autres entreprises sont demandeuses et les négociations sont en cours.

Pour arriver à ce résultat, deux ans de travaux ont été nécessaires, ainsi qu’un budget de 22,5 millions d’euros. Il a fallu entièrement désosser le bâtiment, la majeure partie des constructions a été conservée, et un maximum des matériaux issus des éléments démolis ont été récupérés. On parle de 10 tonnes de boiseries, de 1.000 m² de carrelage, de métaux, de pierres, de portes.

Les nouvelles installations bénéficient également d’équipements tels que du triple vitrage et des châssis à haute performance sur les 6.500 m² de façades vitrées, permettant au bâtiment d’être « presque passif ».

Le chantier se prolongera dans les prochaines années par d’autres investissements dans de nouvelles constructions et dans les bâtiments toujours debout. A commencer par l’institut de Chimie-Métallurgie (19.000 m²), voisin du Génie civil, qui se destine également à accueillir des entreprises. La mise hors eau du bâtiment et les voiries d’accès devraient être aménagées prochainement, dans le but de terminer les travaux en 2018.

Les 13.000 m² de l’institut de Mécanique viennent d’être cédés par la Ville de Liège à un investisseur privé qui y aménagera des kots et des appartements.

Quant à l’ancienne centrale thermoélectrique, elle hébergera la Cité des métiers et un service de formation continue de l’ULg. L’an prochain, le WSL (incubateur wallon des sciences de l’ingénieur) rejoindra également le Val Benoît.

Une première partie du site (l’abbaye et la tour des Mathématiques) a déjà été rénovée il y a quelques années afin d’accueillir le Forem et l’Ecole supérieure d’Acteurs du Conservatoire royal de Liège.

 

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