La villa construite en 1914 est laissée à l’abandon depuis des années

La villa du 7 boulevard du Souverain est mise en vente publique. Mais le propriétaire espère toujours pouvoir investir et retirer le bien de la vente.

Journaliste au service Bruxelles Temps de lecture: 3 min

Les barrières de chantier cachent depuis longtemps une magnifique villa au numéro 7 du boulevard du Souverain à Watermael-Boitsfort. De style Belle-Epoque, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Vide depuis un lustre, son propriétaire, Luc Simonet, ancien avocat fiscaliste et fondateur de la Ligue des optimistes du royaume de Belgique, l’a mise en vente publique mais n’est aujourd’hui plus certain de poursuivre son action.

La maison a été construite en 1914 pour la famille Morel qui possédait déjà un manoir juste en face. Le patriarche voulait construire cette villa pour ses deux enfants. Elle a ainsi été conçue pour abriter deux foyers. En 1940, le bâtiment de prestige est occupé par les Allemands. A la fin de la guerre, la famille Morel décide de vendre le bien.

Un chirurgien l’acquiert. Pendant un temps, les lieux se transforment en maison communautaire. « Nous vivions ici dans la partie gauche de la maison avec 5 autres familles dans les années 70, se souvient Antoine, venu à une des visites pour montrer la maison de son enfance à ses enfants. J’avais 5 mois quand mes parents sont venus s’y installer et nous sommes partis en 1993. C’est très émouvant de rentrer à nouveau dedans mais c’est aussi très triste de la voir dans un état pareil. »

Rachetée en 1987 par Luc Simonet, la maison fut transformée en bureaux pour des avocats puis pour l’ambassade d’Indonésie avant d’être louée à deux sociétés. Elle est également passée à la postérité en servant de décor au film de Jean-Marie Poiré Les anges gardiens avec Christian Clavier et Gérard Depardieu. En 2011, la maison est vidée et depuis squattée.

Aujourd’hui, les 800 m² sont en très mauvais état. Trois matelas jonchent le sol avec de la nourriture pour chat dans les trous du parquet. Les vitres sont cassées, des câbles pendent des murs, plus aucun accès à l’eau n’est possible. La commune connaît la situation et un travail social a débuté avec les jeunes squatteurs.

© D.R.
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On peut détecter le potentiel de la villa estimée à 8,9 millions d’euros en 2005. « J’ai voulu reprendre les lieux pour y installer le cercle philosophique des Optimistes, raconte Luc Simonet. J’avais trouvé un investisseur en 2012 qui devait me donner 2 millions d’euros. Mais la banque a bloqué cet argent et prévenu le parquet. Seulement, j’avais démarré les travaux et une série de mauvais investissements ne m’ont pas permis de les terminer. Quand ils ont enfin décidé que les fonds étaient légaux, je ne pouvais plus poursuivre la transformation. »

Le propriétaire affirme avoir une dette de 510.000 euros auprès d’une banque qui aurait exigé la mise en vente publique de la villa et de son terrain de 43 ares. Aujourd’hui, le propriétaire dit avoir trouvé un ami qui va éponger cette dette, ce qui va lui permettre de retirer le bien de la vente, qui doit avoir lieu le 14 octobre. Selon lui, il faudrait 3 millions d’euros pour rénover le bien et il espère toujours pouvoir y installer son cercle.

Dans les rues boitsfortoises, on se dit plutôt que l’homme aimerait voir le bien tomber en ruines pour avoir l’autorisation de le détruire et le remplacer par un immeuble de bureaux. Une opération très lucrative surtout qu’actuellement, la villa ne lui coûte rien. Comme il s’agissait d’un immeuble de bureaux, impossible de lui imposer la taxe sur les bâtiments inoccupés.

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