Gaume. Le Parc naturel siffle à Rossignol

Créé voici 21 mois, le Parc naturel de Gaume a pris depuis peu ses quartiers dans les locaux du château de Rossignol, où il retrouve une volée d’autres acteurs associatifs régionaux (Contrat rivière Semois-Chiers, Natagora, Centre culturel, Jeunesses musicales, Natagriwal, syndicat d’initiative local, etc.). L’occasion pour le ministre René Collin (CDH) d’y faire une petite visite ce vendredi et d’octroyer au projet une enveloppe de 150.000 euros pour aménager définitivement cette « Maison du Parc » et des locaux pour accueillir des établissements scolaires.

Le Parc naturel de Gaume (58.104 ha et 9 communes, Chiny faisant défaut) est le dixième du genre en Wallonie, et 2017 verra la naissance d’un 11e, le Parc des Sources (Spa-Stoumont), sur 14.800 ha. « Les Parcs naturels couvrent actuellement 22,2 % du territoire wallon, dira le ministre, mais en province de Luxembourg, les quatre parcs occupent 48 % du territoire. »

René Collin estime que cette structure gaumaise est « bien plus qu’un parc, car il repose sur une identité forte du territoire qui mobilise bien des acteurs, dans un espace structuré et qui est le prolongement de divers projets Leader portés pendant douze ans par l’ASBL Cuestas qui a donc précédé le parc, dans les communes de Meix-devant-Virton, Etalle et Tintigny. L’expérience, le savoir-faire, les procédures mises en place, les contacts établis ont permis de faire naître l’idée d’un espace de développement plus large. On pense au Bœuf des prairies gaumaises, au Journal de classe du P’tit Gaumais, à la recréation de vergers hautes tiges, notamment. En juillet dernier, un nouveau financement Leader a été octroyé par la Région et l’Europe (1,6 million) pour 2016-2020. »

Le Parc naturel de Gaume a par ailleurs répondu à l’appel à projets lancé dans le cadre du Programme wallon de développement rural (PwDR) 2014-2020 et présenté un projet de GAL (groupement d’action local), retenu en juillet par le gouvernement wallon. Il s’agit ici d’un partenariat public-privé en vue de soutenir des projets et expérimenter de nouvelles méthodes.

Le gouvernement wallon a par ailleurs retenu cet été, parmi 17 autres en Wallonie, le projet de hall relais porté par le parc, qui sera construit dans les prochains mois à côté de l’abattoir de Virton. Il sera subventionné à hauteur de 90 % pour un coût total de 447.000 euros. Ce sera à terme un espace de transformation, de valorisation, de stockage et de commercialisation de produits agricoles régionaux.

Un plan de gestion

« Mais cet axe n’est qu’un point d’action parmi d’autres pour valoriser les énergies et les savoir-faire en Gaume, note le directeur Nicolas Ancion : aide à l’installation de jeunes agriculteurs, développement d’un label, valorisation économique de la forêt, soutien à la création artistique, expérimentation d’énergies nouvelles, etc. Toutes ces actions vont s’exprimer dans un plan de gestion qui vise les ressources naturelles (vergers de Gaume), l’éducation (animation dans les écoles), l’innovation-expérimentation (service aux communes avec le cheval de trait, projet laine, projet patrimoine). Aménagement du territoire (charte des paysages), agriculture, projets liés aux énergies renouvelables avec un financement alternatif, création d’une pisciculture avec une variété de truites locales, vente de bœuf des prairies gaumaises, comme d’ici quelques jours, pour une huitième saison, soutien d’artistes locaux.

A noter que l’opération « vergers hautes tiges » qui vise à relancer la plantation d’anciennes variétés fruitières, comme la Transparente de Saint-Léger, est reprogrammée cette année, avec une commande groupée à prix très intéressant. La commande doit être rentrée pour le 4 novembre.